Sécurité, liquidité et rentabilité représentent des objectifs souvent contradictoires pour les PME. Le placement approprié des fonds libres, qui ne servent ni à faire face aux engagements de paiement ni à financer les activités opérationnelles, constitue donc une fonction essentielle de la gestion financière. Si une entreprise dispose de liquidités supérieures à ce dont elle a besoin, il en résulte un manque à gagner en termes d'intérêts, sans offrir en contrepartie un surcroît de sécurité et de flexibilité. En effet, une étude de Credit Suisse, présentée hier à Zurich, révèle que les sociétés suisses recourent globalement peu aux différentes solutions de placements pour optimiser la gestion de leurs liquidités.

Intitulée «Placement financier - un défi pour les PME», l'étude précise que plus de la moitié des entreprises suisses (55%) gèrent leurs liquidités simplement via des comptes courants et des «placements call» (dépôts à durée indéterminée disponibles à très court terme, généralement 48 heures). En revanche, seulement 13% des 8000 entreprises interrogées recourent également à des dépôts à terme, 8% aux obligations, 14% aux actions, 11% à des fonds et 5% à des produits structurés. En volume de placements, la constatation est encore plus nette, puisque les comptes courants et les «placements call» constituent 69% du total. Les cinq autres types d'instruments représentent ensemble seulement 31%.

Croissance des liquidités

La banque a analysé en détail les années 2000 et 2005. Pour les 44 branches étudiées, la part moyenne de titres dans le total du bilan a passé de 6,2% en 2000 à 4,8% en 2005. En revanche, pour la même période, la part des liquidités immédiatement disponibles a progressé, passant de 6,2% à 8,3%. Par rapport aux chiffres d'affaires des sociétés, l'évolution est analogue. La part des titres dans le total du bilan croît avec le chiffre d'affaires, comme en attestent des statistiques allemandes. Mais la relation entre la taille de l'entreprise (mesurée d'après l'effectif) et le recours aux solutions de placements n'est pas démontrée en Suisse.

C'est surtout dans un environnement concurrentiel que la gestion des moyens financiers doit permettre d'augmenter la valeur de l'entité, PME ou grand groupe, expliquent les experts du géant bancaire helvétique.

Selon Hans Baumgartner, responsable Clientèle entreprises Suisse - PME chez Credit Suisse, «une entreprise ne peut et ne doit pas renoncer durablement au potentiel de revenus supplémentaires dégagés grâce à des placements financiers adéquats. Parallèlement, elle doit veiller à ne pas négliger les aspects sécurité et liquidité».