Les PME romandes sont conscientes de l'existence des risques mais ne se sentent que très peu concernées. C'est l'un des principaux constats qui ressort du sondage effectué par M.I.S Trend, mandaté par Hpr, société genevoise spécialisée dans les assurances et la prévoyance et sa filiale DnO Consulting, qui offre des conseils en risk management. L'enquête a été effectuée entre le 24 octobre et le 10 novembre 2006 auprès de cinq cents entreprises romandes de 10 à 250 salariés. Celles-ci ont été interrogées sur les risques, regroupés en cinq grandes catégories - financiers, commerciaux, ressources humaines, compliance (normes légales) et environnementaux, opérationnels.

Risques commerciaux

Les sociétés sondées se sentent avant tout menacées par des risques commerciaux et de compliance. Les risques majeurs auxquels elles sont le plus exposées sont: le fait de ne pas renouveler leur organe de révision comptable, l'existence d'une concurrence toujours plus forte et la dépendance à un ou plusieurs collaborateurs-clés dans l'entreprise. En revanche, les PME romandes se sentent confiantes par rapport à la relation à leur clientèle, à la motivation de leur personnel et à la qualité de leurs produits.

Près de la moitié des entreprises ne disposent pas de politique de gestion des risques et seules un quart d'entre elles ont mis en place une politique globale.

Des secteurs plus avancés

L'attitude des sociétés dépend de leur secteur d'activité. Ainsi, si 85% des PME actives dans la finance et les assurances et 75% parmi celles travaillant dans le secteur de la santé l'ont fait de manière totale ou partielle, seulement une PME sur trois dans le secteur de l'informatique, des télécommunications et des médias s'y est attelée.

Confiance extrême, politique de l'autruche ou attitude simplement due à un manque de moyens? L'étude conclut à un manque d'objectivité dû à «une mauvaise perception de la réalité ou d'un sentiment de confort par rapport à la couverture de ceux-ci».

Blaise Matthey, directeur général adjoint de la Fédération des entreprises romandes (FER), à Genève, ne porte pas de jugement sur les PME qui constituent 70% de ses membres, mais reconnaît que l'étude émet quelques vérités. «Toute conduite d'entreprise suppose une analyse des risques car la question de la responsabilité s'avère très importante de nos jours. La gestion des risques est une vraie problématique. Or, si les grandes entreprises se sont dotées d'un département de risk management, ce n'est pas le cas des PME.» «Notre rôle est d'aider les entreprises afin qu'elles ne soient pas pénalisées lorsqu'elles ne possèdent pas les compétences requises. Dans ce cas, nous devons les soutenir dans leurs efforts d'évaluation des besoins», soutient Blaise Matthey. Les PME sont notamment conviées à une conférence sur la «Gestion des risques: un enjeu pour la pérennité des entreprises», ce soir à la FER à Genève et le jeudi 8 mars à Lausanne.

Un outil en ligne

Pour que chaque PME puisse évaluer sa perception et son exposition réelle aux risques, la société Hpr a mis en ligne un outil: l'indice Hpr (http://www.indicehpr.ch). «Après s'être enregistrées, les entreprises pourront répondre au même questionnaire que celui proposé par le sondage. Il y a vingt-cinq questions en tout, soit quatorze de plus que dans le sondage mais bien moins que sur la plupart des sites qui proposent le même service car nous souhaitons offrir un outil le plus pratique possible», précise Marc Baijot, responsable de la communication chez Hpr. Les PME pourront également se positionner par rapport aux autres sociétés actives dans le même secteur. Le sondage sera répété cette année et en 2008. Ensuite, Hpr a prévu d'identifier les mesures prises concrètement par les PME.