Il y a les annonces retentissantes de LVMH, de Firmenich, ou encore de Lonza. Des géants qui ont récemment décidé de produire massivement des gels désinfectants pour en approvisionner les hôpitaux et autres établissements de soins – gratuitement ou à prix coûtant. Et puis, il y a les initiatives qui ont fait un peu moins de bruit, celles de plus petites entreprises, parfois de quelques dizaines d’employés, qui ont elles aussi mobilisé leurs compétences pour apporter leur soutien dans le contexte de crise sanitaire actuel.

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Parmi elles, les Laboratoires Biologiques Arval, une entreprise valaisanne de 80 employés, spécialisée dans la fabrication de cosmétiques blanches (soit pour le compte de grandes marques de luxe). Elle aussi s’est lancée dans la production de gel hydroalcoolique depuis le 12 mars. «Une fois que nous avons eu connaissance des pénuries, l’un de mes employés m’a signalé que nous avions le matériel – de l’alcool – les compétences et l’infrastructure pour le manipuler. J’ai immédiatement réuni mon équipe de direction et nous avons pris la décision de nous lancer», relate son directeur général, Alexandre Cherix, contacté par Le Temps lundi.

Il a fallu trois jours à l’entreprise pour adapter ses processus de fabrication et réglementaires, tandis que le réseau de pharmacies BENU (présent dans les cantons de Fribourg, de Vaud et du Valais) s’occupe du conditionnement et de la distribution. «Le prix de vente a été calculé pour nous permettre de couvrir nos frais, nous ne faisons pas de bénéfices», précise Alexandre Cherix. Les autres activités de la société se poursuivent normalement, même si elles sont de facto ralenties en raison de la crise, ajoute-t-il.

Télétravail et livraison de repas

Dans un tout autre registre, l’agence de design bernoise Cleverclip a aussi combiné ses expériences pour apporter un soutien, cette fois aux PME, avec la mise à disposition gratuite d’un guide pour le télétravail. «Nous nous appuyons entièrement sur ce mode de collaboration, depuis notre fondation en 2013. Nous avons introduit, adapté et amélioré des processus au fil des ans, qui ont fait leurs preuves», argue Carlo Badini, patron de la société de 40 employés. Spécialisée dans la vulgarisation de contenus via des vidéos et des infographies, celle-ci s’est muée en cabinet de conseil. «Au vu des nombreuses demandes reçues de nos clients, nous avons décidé de partager notre expérience avec des réponses sur les outils et ressources nécessaires. Ou encore des recommandations pour maintenir esprit d’équipe, bonne entente et culture d’entreprise à distance.»

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Le groupe M3, fondé par l’homme d’affaires genevois Abdallah Chatila et actif dans l’immobilier, l’hôtellerie, la restauration, l’événementiel et le financement, a aussi ajusté son modèle d’affaires face à la crise. Le pôle restauration de l’entreprise a mis en place un service de commande et de livraison de repas destiné aux hôpitaux, pharmacies et entreprises. «Les taxis pourront être utilisés, pour permettre aux chauffeurs de poursuivre une activité pendant cette période critique», précise un porte-parole. Le groupe offre et livre en outre à ses frais chaque jour depuis jeudi dernier 150 repas à une structure de soutien aux sans-abri baptisé La Cause. «La démarche vise aussi à limiter le chômage partiel dans notre entreprise et à soulager ainsi l’Etat», ajoute le porte-parole, sans préciser le taux de réduction d’horaires parmi les 370 employés.


Les jeunes pousses aussi

L’écosystème des start-up suisses regorge également de compétences utiles en cette période de crise, notamment sur le plan sanitaire, en développant des dispositifs médicaux. Ce constat, c’est Venturelab qui le formule, dressant la liste de ces jeunes pousses. Notamment Ava, qui développe un bracelet de détection de la fertilité chez les femmes, mesurant simultanément la température et les fréquences respiratoires et cardiaques. Des données pertinentes dans le cadre de la détection et du suivi de la pandémie, selon son patron. Ou encore HeiQ, active dans la technologie textile, qui a récemment lancé un traitement antiviral et antimicrobien pour les tissus, dont l’efficacité a été démontrée contre le coronavirus, peut-on lire

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