Biomill nourrit environ un animal de compagnie sur dix en Suisse. Avec une croissance de 14%, la PME de Granges-Marnand (VD) a atteint ses limites productives. Pour poursuivre son expansion à l'étranger, la filiale du Groupe Minoteries agrandit actuellement son usine pour quelques millions de francs.

Dès septembre, la capacité de volumes augmentera de 40% pour atteindre 13 000 tonnes d'aliments secs pour chiens et chats par an. «Un accent particulier est mis sur la rapidité de fabrication des emballages», précise Guy Bossy, directeur commercial. Une nouvelle chaîne de production complète sera réalisée et les installations de séchage accrues.

«Il faut savoir que le marché du «petfood» connaît une très forte segmentation, poursuit Guy Bossy. Vous avez désormais des produits pour chats matures de plus de 15 ans, pour chats à poil long ne sortant pas, etc.» En modernisant son usine, Biomill entend pouvoir répondre aux exigences toujours plus pointues de la clientèle.

Surtout que la stratégie de la société vaudoise, qui emploie 30 personnes, repose sur des marchés de niche. Elle ne peut pas concurrencer les multinationales comme Nestlé (Friskies) ou Procter & Gamble (Eukanuba). «Nous poussons donc vers le très haut de gamme, poursuit Guy Bossy. Particulièrement en Suisse, où le marché est stagnant.» D'ailleurs, sur sol helvétique, Biomill vise une croissance limitée et s'attelle plutôt à conserver ses 25% de parts de marché (hors grandes surfaces).

Les ambitions de la PME, dont le chiffre d'affaires approche les 15 millions de francs, passent donc par l'exportation. Pour l'heure, 30% des ventes sont réalisées à l'étranger. «Nous voulons clairement inverser la tendance», glisse le directeur commercial. La Russie, la Turquie et la Corée du Sud sont récemment venues grossir la liste des désormais 15 pays importateurs de la marque.

Lundi, Biomill a annoncé le rachat de son distributeur en France. Cette opération sera accompagnée d'un changement de nom de Pet Planet en Biomill France. «Nous voulions consolider ce pays, que nous considérons comme mûr, justifie le directeur commercial. Mais nous n'oublions pas les marchés émergents, à l'Est notamment, où nous devons faire connaître la marque.»

Une marque apparue dans les années 50 pour les animaux de rente avant de gagner en notoriété en 1973 grâce au directeur du moulin de Granges-Marnand de l'époque, Jacques Bugnion, qui avait développé les premières croquettes extrudées (sèches) pour chiens en Suisse. Une marque qui cherche désormais à se faire un nom à l'international.