Marketing

Poken déplace son siège aux Etats-Unis

La start-up maintient son bureau lausannois. Elle vient d’effectuer une levée de fonds de 1,8 million de francs

Poken poursuit sa mue. Après avoir changé de modèle d’affaires, la start-up lausannoise a déplacé son siège à Palo Alto en ­Californie. Inauguré au mois de mars, le nouveau bureau accueille déjà dix personnes. «Nous réalisons 50% de notre chiffre d’affaires aux Etats-Unis et voulons nous développer sur ce marché. Pour nos clients, il est plus logique de traiter avec un fournisseur local», explique Stéphane Doutriaux, fondateur de Poken et bientôt ex-CEO. Un nouveau directeur, Sri Chilukuri, ancien de la Silicon Valley comptant ­plusieurs années d’expérience dans différentes sociétés, telles qu’Adobe Systems, VA Linux Systems, Bellamax et Xerox, reprendra la tête l’entreprise helvétique.

Qu’adviendra-t-il du bureau au cœur de Lausanne? Il sera maintenu en tant que centre de technologie et de l’innovation. Les effectifs sont passés de 25 à 17 personnes. «Certains sont partis aux Etats-Unis. Il n’y a pas eu de licenciement», affirme Stéphane Doutriaux qui prend désormais le rôle de «chief product officer» (CPO), à savoir responsable du développement des produits.

«Poken» est une contraction entre le verbe anglais «to poke» qui veut dire toucher quelqu’un pour attirer son attention et «token» qui signifie jeton. Il s’agit d’une sorte de porte-clés en forme de main. Coloré et personnalisé, ce gadget a été conçu dans un premier temps pour échanger des cartes de visite virtuelles en s’aimantant à un autre détenteur de Poken. Depuis deux ans, une nouvelle stratégie a été mise en place. La start-up ne vise plus seulement les adolescents en quête de nouveaux gadgets mais cherche surtout à se faire une place dans les congrès et les grands événements.

En lieu et place du traditionnel sac contenant une multitude de brochures qui finissent généralement à la poubelle, les participants reçoivent, à leur arrivée, un Poken, une sorte de clé USB sans contact. En se promenant parmi les stands, ils peuvent récupérer les informations, les vidéos ou des documents PDF susceptibles de les intéresser en passant leur Poken sur un autocollant – appelé «tag» – contenant des informations désirées. Ces nouveaux outils ont l’avantage d’éliminer le support papier. Ils fournissent également des données et des statistiques aux services de marketing pour savoir quel participant s’intéresse précisément à quels sujets.

«Nous avons développé une plateforme de gestion de contenu qui est mise à disposition sur Internet. Elle permet à l’utilisateur de gérer toutes les informations qu’il a glanées lors d’un congrès ou d’un événement, précise Stéphane Doutriaux. Nos revenus proviennent en partie de la vente d’abonnements à notre plateforme pour les événements d’entreprise.»

Poken a équipé plusieurs importants clients en 2011, notamment le CIO, Coca-Cola, ABB, Intel, Swisscom, Nokia, Audi, Toyota ou BMW. Aux derniers Jeux olympiques d’Innsbruck, tous les visiteurs et les athlètes étaient équipés d’un tel gadget. En participant à certaines activités, ils obtenaient des points en touchant des tags et pouvaient gagner des prix. «Le Poken sert de porte-clés Mini au Japon et permet d’accéder à la plateforme en ligne ainsi qu’à du contenu dans des événements culturels sponsorisés par la marque automobile», explique Stéphane Doutriaux. L’entreprise a également développé sa propre puce électronique utilisant la technologie sans fil NFC (Near Field Communication). «Les téléphones portables de dernière génération possèdent un Poken directement intégré», précise l’entrepreneur.

Présente dans 25 pays et comptant au total 72 collaborateurs, la société a remporté, début mars, le prix de la meilleure innovation pour publicité mobile au World Mobile Congress de Barcelone. Elle vient également d’annoncer une nouvelle levée de fonds de 1,8 million de francs opérée auprès de Swisscom Ventures et de Credit Suisse – via son fonds SVC. En matière de chiffre d’affaires, la société reste discrète. «Nous nous approchons de la rentabilité», fait toutefois savoir son fondateur.

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