Une vaccination qui passe mal. Le Tages-Anzeiger révélait jeudi que le milliardaire sud-africain Johann Rupert, président et actionnaire majoritaire du groupe de luxe genevois Richemont, s’est fait injecter une première dose du vaccin Pfizer/BioNTech le 12 janvier dans une clinique du groupe Hirslanden en Thurgovie, dont il est détient des parts par le biais d’un réseau d’entreprises. Un événement qui s’est produit «peu avant le début officiel» de la vaccination dans le canton, selon le quotidien zurichois.

Johann Rupert, âgé de 70 ans, n’habite pas dans le canton – il est domicilié à Satigny (GE) et serait arrivé d’Afrique du Sud en jet privé aux environs de Noël – et ne remplit pas les critères d’âge pour la première phase de vaccination contre le coronavirus.

Patient test

Contacté par Keystone-ATS, un porte-parole de Hirslanden a confirmé que l’homme d’affaires a été vacciné à Frauenfeld. Il s’agissait d’une vaccination s’inscrivant dans un programme visant à tester la manipulation complexe du vaccin. Selon le porte-parole, l’entrepreneur sud-africain appartient au groupe à risque et remplissait donc les critères.

Le groupe Hirslanden a reçu l’autorisation du canton d’effectuer cinq à dix vaccinations tests. Urs Martin, le chef du département thurgovien de la santé (UDC), avait travaillé pour Hirslanden avant son élection au gouvernement en mars 2020. Il déclare ne pas avoir participé à la sélection des personnes choisies pour ces essais.

La présidente du PS thurgovien, Nina Schläfli, a déclaré sur Twitter qu’il s’agissait d’un «affront envers tous les habitants du canton qui attendent depuis des semaines un rendez-vous de vaccination». D’autres politiciens ont également réagi de manière critique à la suite de ces révélations.

Interrogé par téléphone par Bloomberg, Johann Rupert répond que son médecin avait organisé la vaccination en raison de son âge et de son état de santé. Avant d’ajouter que «nous avons besoin d’une immunité collective le plus rapidement possible pour éviter un chômage massif et le chaos». Et de rappeler qu’il est un contribuable suisse depuis la création de Richemont il y a 31 ans.