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«La politique monétaire reste en état d’urgence»

A Genève, le numéro trois de la BNS a prévenu que la «normalisation» serait bien plus lente que prévu

«La politique monétaire reste en état d’urgence»

Conférence Pour le numéro trois de la BNS, la «normalisation» sera bien plus lente que prévu

Fritz Zurbrügg, membre de la direction de la Banque nationale suisse (BNS), était jeudi soir à Genève pour y donner une conférence sur le «marché monétaire». Selon le texte de son discours, le numéro trois de l’institution s’est voulu rassurant. «La situation sur les marchés financiers européens s’est sensiblement apaisée, et voilà plus d’un an que la BNS ne doit plus intervenir sur le marché des changes pour ­défendre le cours plancher de 1,20 franc pour 1 euro», a-t-il écrit en préambule. Avant de rappeler qu’en 2012, il avait fallu «acheter des devises pour un montant proche de 190 milliards de francs».

Selon Fritz Zurbrügg, deux raisons expliquent ce répit accordé à la BNS. D’une part, le programme de rachats de titres mis en place par la Banque centrale européenne à la fin de l’été 2012 a permis de faire baisser les taux d’intérêt réclamés aux Etats périphériques. D’autre part, et c’est lié, la demande pour les placements considérés comme sûrs, tels que le franc, a diminué.

Malgré tout, «les investisseurs restent prudents», a-t-il souligné. Pour preuve, le cours de l’euro face au franc n’a plus évolué de manière «significative» depuis le mois de janvier. Selon Fritz Zurbrügg, la politique monétaire doit donc rester «en état d’urgence». D’autant que le niveau du franc demeure toujours 10% supérieur à sa moyenne de long terme, a-t-il précisé.

Un processus «difficile»

Faisant allusion aux effets qu’a eus l’annonce d’une éventuelle réduction des achats mensuels d’obligations par la Fed sur les marchés financiers, l’ancien économiste auprès du département Afrique du FMI a fait remarquer à quel point «l’abandon d’une politique monétaire très expansionniste risque d’être une entreprise difficile».

Rappelant que les banques centrales ne pouvaient ni assainir les finances publiques ni mettre en œuvre des réformes structurelles, il a néanmoins assuré qu’une normalisation des politiques monétaires serait «bien plus lente que prévu». Y compris en Suisse.

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