Toutes les réactions exprimées mardi soir n'étaient encore fondées que sur une connaissance très sommaire et approximative de la teneur de l'accord conclu à Bruxelles. Elles affichaient de ce seul fait une certaine circonspection, à commencer par celle du Département des finances. La solution adoptée, indiquait hier soir un communiqué, apparaît à première vue «conforme aux points essentiels de la position suisse», un certain optimisme étant de mise. Le fait que cette solution paraisse s'écarter partiellement du projet de directive ne permettait pas toutefois de porter un jugement définitif. Ce sera au Conseil fédéral, qui examinera sans doute la question aujourd'hui lors de sa séance hebdomadaire, de se prononcer plus avant. Le Département des finances rappelle par ailleurs qu'un accord sur la fiscalité ne saurait être conclu sans que soient finalisés des accords sur les autres dossiers de ces deuxièmes négociations bilatérales, et que Berne tient à un résultat global.

«Victoire d'étape»

La réaction la plus positive que l'on pouvait enregistrer mardi était celle de l'Association suisse des banquiers (ASB). Son porte-parole, Thomas Sutter, se félicite de ce que Bruxelles ait accepté dans les grandes lignes de privilégier une imposition à la source. La position de l'Association des banquiers privés suisses est un ton en dessous. Son secrétaire général, Michel Dérobert, tient pour essentiel que l'UE s'engage à ne pas attaquer le secret bancaire suisse dans une autre enceinte, l'OCDE en tout premier lieu. En dehors de la satisfaction sans mélange du PDC, les partis politiques ont presque tous un réflexe un peu semblable, celui de considérer qu'un accord sur la fiscalité de l'épargne ne règle rien à long terme. Le Parti radical ne peut faire moins que de saluer le succès de la politique et de l'obstination de son conseiller fédéral, Kaspar Villiger. Mais son secrétaire général, Guido Schommer, évoque une «victoire d'étape» et invite à ne pas tomber dans le piège de l'euphorie, dans la perspective de possibles rebondissements des attaques contre le secret bancaire. «La décision des Quinze ne change rien pour notre pays», estime le porte-parole de l'UDC, Yves Bichsel, qui maintient sa position selon laquelle on ne peut pas négocier le secret bancaire. Pour le PS, cet accord offre un répit qui devra être mis à profit pour régler enfin le problème de la soustraction fiscale.