Le 20 janvier prochain, Donald Trump, 45e président des Etats-Unis, commencera officiellement son mandat après son élection inattendue le 8 novembre dernier. Il y a fort à parier que la volatilité sur les marchés financiers reprendra de plus belle car l‘action réelle de Trump commencera à être évaluée. Pour le moment, les incertitudes vis-à-vis de l’implémentation de son programme restent importantes.

Programme ambitieux

L’annonce de ce programme, très ambitieux, a conduit les marchés actions américains à terminer l’année 2016 en trombe. Les principaux indices américains, dont le S&P 500 et le Dow Jones, sont à des plus hauts historiques. Afin de stimuler l’économie, Trump souhaite réduire les impôts des citoyens et des entreprises, favoriser les entreprises locales à l’exportation et taxer les importations en particulier en mettant fin aux traités de libre-échange comme l’ALENA. Le président élu a également promis de dépenser 1000 milliards dans les infrastructures.

La présidence Trump s’annonce d’ores et déjà comme une rupture avec Barack Obama. Cela provoque tout de même quelques soubresauts du côté de la Réserve Fédérale dont les minutes de la réunion de décembre, sortis la semaine dernière, nous montrent l’inquiétude grandissante des banquiers centraux vis-à-vis de l’impact des futures politiques du nouveau président américain. En effet cela pourrait clairement amener la Réserve Fédérale Américaine à monter ses taux plus vite que prévu.

Croissance des salaires

Les bonnes dernières données économiques et notamment une croissance des salaires en hausse de 2.9%, associées aux attentes de «reflation» depuis l’élection de Trump ont pu entraîner une réaction trop positive des marchés financiers. Et pourtant rien ne dit qu’il puisse appliquer parfaitement sa politique isolationniste. Pour le moment, les marchés attendent entre deux et trois hausses des taux pour cette année dont la cause serait Trump plus qu’une stimulation de la croissance.

On peut dire que Trump fait la pluie et le beau temps sur les marchés. Chacun de ses tweets est très surveillé. Récemment, c’est un message sur le réseau social à l’encontre de General Motors qui a beaucoup fait parler. La firme américaine produit des véhicules au Mexique pour les vendre aux Etats-Unis. Trump a menacé le géant de payer des taxes d’importation ce qui a amené Ford à annoncer l’annulation de la construction d’une usine au Mexique pour finalement la faire dans le Michigan. Ce qui semble certain, c’est que le milliardaire n’est pas prêt de transiger avec le protectionnisme annoncé et cela, les marchés apprécient.

Dette publique

L’optimisme règne outre-Atlantique et pourtant il y a un gros point noir. La dette publique américaine se situe toujours à un niveau stratosphérique de presque – officiellement – 20 trilliards de dollars. La volonté de la Fed de monter les taux trois fois cette année paraît dès lors insensée car la charge de la dette américaine s’alourdirait d’autant plus. L’inflation doit effectivement exploser ou il est quasi-certain que la Fed ne bougera pas. C’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé ces deux dernières années.

Maintenir la confiance dans le billet vert est, et sera toujours, la mission de la banque centrale américaine qui ne peut évidemment avouer que sa dette deviendrait ingérable en cas de hausses successives trop importantes. Cependant, les politiques inflationnistes de Trump sont une aubaine pour la Fed pour diminuer cette dette. De plus, on se souvient que la croissance faible de l’économie américaine est toujours un problème important. D’ailleurs, durant l’année 2016 la Fed a tenté de convaincre le congrès à de multiples reprises d’améliorer l’arsenal légal pour stimuler l’économie. En cas de réussite du nouveau président américain, La Fed pourrait alors, une fois n’est pas coutume, faire enfin ce qu’elle annonce: monter les taux plusieurs fois.

*Analyste marché Swissquote