Presque 3000 milliards de dollars par an. Ou, autrement présenté, 8 milliards par jour. C’est ce que coûte la pollution de l’air qui découle de l’utilisation des énergies fossiles tels le pétrole, le gaz et le charbon.

Dans un rapport publié mercredi, Greenpeace liste les dégâts causés par les gaz rejetés par les activités industrielles et les transports. Décès, cancers, AVC, problèmes respiratoires… Même le coût du nombre de jours de travail manqués en raison de maladies est décompté: 101 milliards de dollars.

Trois polluants sont incriminés. L’ozone, le dioxyde d’azote et les particules fines, ces dernières étant les plus destructrices de valeur, puisque à l’origine de trois quarts des conséquences sanitaires et financières totales calculées par les auteurs.

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Ce n’est pas la première fois qu’un tel calcul est effectué. En 2017, par exemple, l’OCDE estimait que, dans les 41 pays étudiés, la pollution de l’air ambiant avait provoqué en 2015 quelque 3,2 millions de décès, pour un coût d’environ 5100 milliards de dollars. Deux ans plus tôt, le chiffre de 3600 milliards de dollars «seulement» avait été articulé par le même organisme.

La Suisse aussi

Géographiquement, sans surprise, ce sont les plus grands pollueurs qui encaissent les plus importants dégâts économiques dus à la pollution: la Chine, avec 900 milliards de dollars, précède les Etats-Unis (600 milliards) et l’Inde (150 milliards).

Mais les émissions ne s’arrêtent pas aux frontières politiques. Afin de marquer les esprits, Greenpeace a ainsi calculé la part du produit intérieur brut (PIB) que représentent ces coûts. Globalement, ce chiffre se monte à 3,3%. En Chine, les conséquences sont deux fois plus élevées, avec des coûts équivalant à 6,6% du PIB. En Europe, ce sont les pays de l’Est qui paient le plus lourd tribut. L’Ukraine, la Pologne, la Moldavie ou encore la Bulgarie… tous affichent un coût économique de la pollution supérieur à 5% de leur PIB.

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La Suisse, de son côté, s’en sort mieux mais pas indemne. Selon le rapport, la pollution liée aux énergies fossiles lui coûte 1900 dollars par personne, soit environ 16 milliards au total. Une part de 2,3% de son PIB.

Cette étude soutient évidemment un plaidoyer pour une transition écologique rapide. «La pollution de l’air menace notre santé et notre économie, écrit Minwoo Son, responsable pour Greenpeace en Asie du Sud-Est, qui a supervisé cette étude. Chaque année, elle nous coûte des milliers de milliards de dollars. Nous devons prendre en compte les vrais coûts des énergies fossiles. Mais nous savons comment résoudre ce problème.» Greenpeace évoque la promotion des énergies renouvelables, la fin progressive et programmée des moteurs à essence et au diesel, ou encore de plus grands investissements dans les transports publics.

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