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Image d'illustration: un marcheur à Berlin. 
© Reuters/ Thomas Peter

Environnement

La pollution de l’air réduit l’activité financière

L’augmentation de particules fines dans les villes pénalise la productivité. Elle réduit aussi l’activité financière des épargnants, selon un travail de recherche en finance comportementale

La pollution de l’air influence aussi bien l’humeur de l’individu que ses capacités cognitives et sa productivité. Elle réduit aussi l’activité financière des épargnants en Europe, ainsi que le démontre un travail de recherche de Steffen Meyer, de l’Université de Hanovre, et de Michaela Pagel, de l’Université de New York (Fresh Air Eases Work: The Effects of Air Quality on Individual Investor Activity, NBER, Nov 2017).

La littérature économique portant sur l’impact de la pollution de l’air sur le comportement est de plus en plus riche. On a par exemple pu démontrer son effet négatif sur les résultats des examens des gymnasiens israéliens et sur les professionnels du baseball.

Lire également: Une mobilisation pour combattre la pollution

Le comportement financier influencé par de multiples facteurs

Le comportement financier dépend d’innombrables facteurs. La mauvaise humeur amène ainsi les investisseurs à s’abstenir de négocier en bourse (Kostopoulos et Myer, 2017), alors qu’une mauvaise météo les incite au contraire à être plus actifs sur les marchés financiers.

Les capacités cognitives jouent un rôle sur la performance. On sait dorénavant par exemple que les investisseurs les plus âgés atteignent des rendements inférieurs aux jeunes (Korniotis et Kumar, 2011) et que les épargnants au bénéfice d’un quotient intellectuel (QI) supérieur obtiennent de meilleurs résultats en bourse (Grinblatt, Keloharju, Linnainma, 2012).

Lire aussi: Finance durable: une opportunité pour la place financière genevoise

Productivité réduite

La pollution de l’air produit, elle, ses effets aussi bien sur les capacités cognitives que sur l’humeur des individus et leur productivité. Les recherches de Meyer et Pagel, qui se concentrent sur la teneur de l’air en particules fines en Europe occidentale, montrent que l’investisseur soumis à une détérioration de l’environnement a moins tendance à s’asseoir, allumer son ordinateur et effectuer des transactions boursières.

Les particules fines pénètrent aisément à l’intérieur d’un bâtiment. L’exposition d’un épargnant à ce type de pollution réduit sa productivité en raison des changements produits sur le fonctionnement cardio-vasculaire et pulmonaire. L’investisseur subit des irritations nasales, des maux de gorge et des poumons qui, par leur accumulation, détériorent la performance cognitive, expliquent les auteurs.

Régions allemandes prises pour témoins

Les deux universitaires utilisent les données de 103 000 investisseurs privés allemands entre 2013 et 2015 ainsi que le niveau de pollution de 1600 quartiers. Ils estiment qu’une augmentation de l’écart type (mesure statistique des variations) de 1 réduit de 8,5% la volonté d’ouvrir son ordinateur et, pour celui qui surfe sur Internet, réduit de 1% son activité de négoce boursier.

Le fait de prendre pour témoins les régions allemandes, réputées peu polluées, permet aux auteurs de généraliser leurs découvertes à l’ensemble de l’Europe et aux Etats-Unis, expliquent-ils. Une autre étude (Huang, 2016) avait déjà mis en évidence l’impact négatif de la pollution de l’air de 28 villes chinoises sur le rendement des portefeuilles des individus.

Lire aussi: New Delhi: l’asphyxie en direct d’une capitale

Afin de s’assurer du lien direct entre les particules fines et le comportement de l’épargnant, les auteurs tiennent compte des variations météorologiques, des embouteillages et des jours fériés. Leurs conclusions se vérifient pour les femmes comme pour les hommes. L’impact est d’autant plus fort lorsque l’investisseur est actif en bourse.

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