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POPit, où comment se faire une revue de presse entre amis

Deux Genevois lancent un nouveau réseau de partage d’articles. Objectif: se distinguer des vecteurs de diffusion comme Facebook, LinkedIn ou Twitter

POPit se définit comme un nouveau réseau social dédié au partage du savoir. L’outil, disponible depuis peu sur l’app store, se veut plus intimiste et spécialisé que les plateformes traditionnelles. Il permet de s’échanger des articles de presse entre amis. «Sur Facebook, les selfies côtoient les vidéos de chats et autres renvois à l’actualité. Le bruit généré noie les informations pertinentes», déplore Olivier Urech, cofondateur de l’entreprise en démarrage. Et son associé Baptiste Maréchal d’ajouter: «LinkedIn, soit notre vitrine professionnelle, n’est pas non plus adapté à la diffusion de contenus éditoriaux, pouvant être mal perçu par un employeur ou une relation d’affaires.»

Les Genevois de 29 et 26 ans, ayant tous deux fréquenté les bancs d’HEC Lausanne, ont donc imaginé la première revue de presse élaborée en petit comité de lecteurs-connaisseurs. Le nouveau canal mobile se distingue des agrégateurs de type Flipboard. Car au lieu d’un filtre automatisé, POPit fait le pari de la communauté de sources et d’intérêts. «Qui mieux que ses proches peuvent nous conseiller des contenus originaux?», estime Olivier Urech.

Un antidote à «l’infobésité»

Le concept se résume donc à encourager ses pairs à «sélectionner, puis échanger des articles pertinents ou dignes d’intérêt», insistent les deux startupers, employés respectivement dans un cabinet de conseil en fusion et acquisition de sociétés, ainsi qu’une entreprise de gestion d’actifs du bout du lac. L’idée est d’éviter de se retrouver submergé de contenus. «Il s’agit de s’instruire en lisant des textes de qualité, non pas uniquement de distraire ses contacts en partageant des liens rigolos», précise Olivier Urech.

POPit jusqu’ici s’est fait connaître via le bouche-à-oreille. Il recense plusieurs centaines d’usagers. «Pour l’heure, l’audience est majoritairement francophone, sinon locale. Mais, rien que jeudi dernier, nous avons enregistré une dizaine d’inscriptions aux Etats-Unis», indiquent les chevilles ouvrières du nouveau réseau. Objectif, à terme: réunir assez d’adeptes à travers le monde afin de proposer une alternative à Facebook, LinkedIn ou Twitter suffisamment attrayante pour que des investisseurs s’y intéressent.

Générer du trafic

«Nous visons plusieurs milliers d’utilisateurs, soit un volume pouvant justifier de financer POPit avec des contenus publicitaires ou à travers des partenariats payants», imaginent les deux Genevois, qui ont mis deux ans à développer leur produit, lequel a déjà englouti quelques dizaines de milliers de francs d’économies personnelles.

Les chances de succès de l’outil qui a vu le jour dans un appartement du bout du lac? WhatsApp facilite déjà grandement le partage d’articles. «L’essentiel des échanges se fait toujours par d’autres vecteurs, dont les traditionnels courriels, estime Olivier Urech, étude de marché à l’appui. Lire une information en passant par un lien inséré dans un message électronique est dépassé. POPit offre un aperçu direct et instantané des textes.»

Centré à ce stade sur les contenus écrits, le dispositif n’exclut pas d’intégrer à l’avenir des vidéos, à commencer par des comptes rendus de conférences TED.

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