Après une saison des fêtes particulièrement fructueuse, Google a réalisé 76 milliards de dollars (67,41 milliards d’euros) de bénéfice net annuel en 2021, soit près du double de 2020 (40 milliards de dollars).

Au seul quatrième trimestre, le groupe américain a de nouveau largement dépassé les attentes du marché, avec 75,33 milliards de dollars (66,81 milliards d’euros) de chiffre d’affaires (+32%), dont il a dégagé 20,64 milliards (18,31 milliards d’euros) de bénéfice net, d’après son communiqué de résultats publié mardi.

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Le leader mondial de la publicité en ligne avait légèrement vacillé au début de la pandémie quand certains annonceurs, comme les voyagistes, avaient remisé leurs campagnes et promotions.

De nouvelles habitudes numériques

Mais les séries de confinements et les habitudes numériques adoptées depuis bientôt deux ans ont finalement largement profité à Google comme aux autres sociétés technologiques, d’Apple à Meta (Facebook) en passant par Amazon et Microsoft. Le télétravail et le commerce en ligne, notamment, permettent au moteur de recherche et à YouTube d’attirer toujours plus de marques soucieuses de suivre les potentiels clients à la trace.

«Depuis le début du Covid, nous avons vu les habitudes des consommateurs changer», a observé Philipp Schindler, vice-président et directeur des ventes, pendant la conférence téléphonique aux analystes. «En 2020 et en 2021, ils ont dépensé plus d’argent, plus tôt et plus régulièrement», pendant toute la saison des fêtes.

Progression des ventes de smartphones et du cloud

En tout, Google a engrangé plus de 61 milliards de dollars (54,1 milliards d'euros) de recettes publicitaires au quatrième trimestre, grâce à la recherche en ligne et à sa plateforme de vidéos, essentiellement. Les annonceurs du secteur de la distribution étaient les plus gros contributeurs, suivis par ceux de la finance, du divertissement et du tourisme.

La branche de cloud a, elle, progressé de 45%, à 5,5 milliards (4,88 milliards d'euros) de chiffre d’affaires, et le patron du groupe, Sundar Pichai, a précisé que le volume de contrats passés pour la plateforme Google Cloud a bondi de 80% sur l’année 2021.

Il s’est aussi félicité de «ventes trimestrielles record malgré les difficultés de la chaîne d’approvisionnement» pour Pixel, sa marque de smartphones. Alphabet, la maison mère de Google, a sorti à l’automne le Pixel 6, une nouvelle gamme d’appareils avec un processeur conçu par le groupe et de nombreuses fonctionnalités d’intelligence artificielle.

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Des prévisions revues à la hausse

La société a, par ailleurs, indiqué que son conseil d’administration avait approuvé un fractionnement de son action à 20 pour une, afin de la rendre plus abordable pour les petits investisseurs. Le titre prenait plus de 9% lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse de New York, à plus de 3000 dollars.

En 2021, les résultats de Google ont «tiré tout le marché vers le haut, ce qui nous a conduit à revoir nos prévisions à la hausse», a souligné Paul Verna, analyste chez eMarketer. Le cabinet prédit que cette croissance va continuer en 2022: la publicité numérique devrait rapporter plus de 171 milliards de dollars (151,67 milliards d'euros) à Google cette année, soit 30% du gâteau mondial, juste devant Facebook (24% de parts de marché).

Des réformes pour mettre fin aux monopoles des géants informatiques

Ce duo de tête et leurs méthodes de ciblage publicitaire suscitent depuis des années diverses enquêtes, plaintes et amendes. En Europe et aux Etats-Unis, le rythme des poursuites s’est accéléré, sans freiner la croissance de la Silicon Valley.

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Les dirigeants les plus hauts placés de Google et de Meta sont par exemple accusés par des Etats américains d’avoir passé un accord illégal en 2018 pour asseoir leur domination du marché de la pub en ligne. La semaine dernière encore, les procureurs de plusieurs Etats ont assigné Google en justice, l’accusant de collecter les données de géolocalisation d’internautes même quand ceux-ci ont expressément refusé, ce que le groupe dément.

Au Congrès, à Washington, les élus planchent sur des lois pour mettre fin aux monopoles des géants informatiques.

Sundar Pichai a averti que de telles réformes pourraient avoir des «conséquences non désirées». «Dans certains cas, nous sommes vraiment inquiets parce qu’ils risquent de casser de nombreux services très populaires auprès de nos utilisateurs», a-t-il déclaré.