La Fondation Genève Place Financière enregistre le départ de son porte-parole. Michael Wyler, dont la venue avait été annoncée l'année dernière à grand bruit, s'en va. A la fin de l'été dernier, Thierry Lombard, associé à la Banque Lombard, Odier & Cie et président en exercice de la Fondation, annonçait la nomination de Michael Wyler pour défendre ses intérêts et mener une stratégie à long terme. Cette offensive dans la communication était l'aboutissement d'une réflexion menée sur deux ans qui soulignait notamment l'agacement des milieux financiers genevois devant la multiplicité et surtout l'inertie des organes faîtiers bancaires en Suisse. Aujourd'hui, le départ du remuant Genevois, qui a été tour à tour avocat, journaliste économique, chef de presse de Swissair à Genève, puis directeur général du groupe Swissair en Chine pendant deux ans, pose quelques interrogations.

Interrogé par Le Temps, Michael Wyler explique que son départ est tout simplement lié au fait qu'il s'est trouvé en désaccord avec la majorité du Conseil de Fondation quant aux moyens à utiliser pour défendre la Fondation Genève Place Financière. «Je partais de l'idée qu'il fallait plus de moyens pour les projets que je souhaitais réaliser en Suisse et à l'étranger», précise-t-il. «Ma tâche a d'abord consisté à mener une réflexion afin de déterminer une stratégie visant à défendre les intérêts de la place financière genevoise», lance Michael Wyler. «Ensuite, en fonction de cette stratégie, de nombreux projets ont été présentés au Conseil qui, dans une majorité de cas, les a approuvés. Toutefois, l'aspect du financement de ces projets n'a pas pu être résolu comme je souhaitais qu'il le fut. Je me suis donc retrouvé avec des projets qui, tout en s'inscrivant dans le cadre d'une stratégie globale, ne pouvaient être concrétisés, faute de moyens. Aussi, dans l'impossibilité de mettre mes projets à exécution, j'ai choisi de démissionner, ce qui libérera ainsi des moyens financiers qui pourront être mis à disposition d'actions concrètes».

L'année dernière, interrogé peu après sa nomination par le Journal de Genève et Gazette de Lausanne, Michael Wyler déclarait: «Les idées ne manquent pas. L'important est d'être présent et de faire le travail sur le terrain». Ce dernier part après la réalisation de divers projets, dont le dernier en date est un répertoire, qui permet de tout savoir sur le rôle et l'apport économique de Genève, la capitale mondiale de la gestion de fortune. Le répertoire, dont il a supervisé la publication, est sorti de presse au début du mois de juin.

En vacances, Jacques Rossier, associé à la Banque Darier Hentsch & Cie et nouveau président de la Fondation, regrette le départ de Michael Wyler. «Succédant à Thierry Lombard j'ai repris le flambeau au début du mois de juillet. Et c'est le 14 juillet au cours d'une séance de travail pour élaborer le programme de travail du prochain semestre que Michael Wyler m'a présenté sa démission. J'ai essayé de l'en dissuader et de le retenir mais sa décision était prise.»

Reste que le départ de Michael Wyler se fait en toute courtoisie. D'ailleurs, ce dernier restera au sein de la Fondation jusqu'à la fin du mois d'octobre. Il n'en demeure pas moins que ce départ laisse un goût d'inachevé. Créée en 1991 pour promouvoir les banques genevoises, la Fondation avait décidé avec l'engagement de Michael Wyler de passer à la vitesse supérieure et de redresser l'image négative qui touchait les établissements de la place.