A 76 ans, Henri B. Meier conserve un rythme de travail effréné. L'ancien CFO de Roche – l'ex-magicien des finances comme le surnomment certains – déclarait encore l'année dernière: «J'ai l'intention de réduire mon temps de travail de 80 à environ 40 heures par semaine. Ce ne sera pas facile.» Aujourd'hui, ce stakhanoviste consacre une grande partie de son énergie à HBM BioVentures, un fonds de capital-risque spécialisé dans la biotech, dont il préside le conseil d'administration. Cette société vient de faire parler d'elle vendredi dernier, en annonçant l'acquisition de NMT, un fonds créé par UBS et Roche Holding. La nouvelle entité devrait gérer quelque 800 millions de francs.

A travers ce qui va être l'un des plus grands fonds biotech d'Europe, les jeunes entreprises sélectionnées pourront bénéficier de la riche expérience de Henri B. Meier. Né en Suisse en 1936, il a passé sa jeunesse au Venezuela, avant d'étudier les sciences économiques à Saint-Gall et à la prestigieuse Columbia University de New York. Après un détour par une maison de courtage, il travaillera pour la Banque mondiale. C'est à 37 ans qu'il rentre en Suisse, pour un poste de direction chez Motor Columbus. Ensuite, et pour une dizaine d'années, il deviendra un véritable spécialiste de la banque d'investissement en siégeant à la direction de la Handelsbank Natwest de Zurich. En 1986, il entre à la direction générale de Roche.

Henri B. Meier cumule aujourd'hui les sièges dans les conseils d'administration, à l'image de nombreux notables de l'économie helvétiques: président de Givaudan, membre des conseils de Roche, Swiss Life, Züblin Immobilien, Privatbank IHAG Zurich… Cela lui laissera-t-il du temps pour s'occuper de ses nouveaux poulains chez HBM BioVentures? Le septuagénaire est un homme sage et décidé. Des qualités qui lui seront sûrement utiles pour atteindre durablement l'objectif annoncé lors du lancement de son nouveau véhicule d'investissement. Ni plus ni moins qu'un rendement annuel de 20%. Est-ce bien raisonnable…