L’Etat portugais prévoit d’injecter 6,65 milliards d’euros (environ 8 milliards de francs) dans les banques privées BCP et BPI et la banque publique CGD afin qu’elles puissent respecter les exigences de capital de l’Autorité bancaire européenne, a annoncé lundi le Ministère des finances.

«Au total, l’Etat injectera plus de 6,6 milliards d’euros dans ces banques», dont 5 milliards d’euros à partir de l’enveloppe de 12 milliards prévue pour la recapitalisation des banques dans le cadre du plan d’aide de 78 milliards accordé au Portugal par l’UE et le FMI, a indiqué le ministère dans un communiqué.

Cette aide publique permettra à ces banques «d’atteindre et même de dépasser les exigeants objectifs de capital imposés par l’Autorité bancaire européenne (EBA)» d’ici à la fin juin, a-t-il précisé.

Cette opération prévoit une augmentation du capital de la Caixa geral de depositos (CGD), première institution financière du Portugal, pour un montant de 1,65 milliard d’euros. Dans un budget rectificatif adopté en avril, le gouvernement portugais prévoyait d’injecter jusqu’à 1 milliard d’euros.

En tant qu’institution publique, la CGD n’était pas autorisée à recourir aux fonds du plan d’aide au Portugal, obtenu en mai 2011 en échange d’un vaste programme de rigueur et de réformes sur trois ans.

Le gouvernement s’est en outre engagé à injecter 3,5 milliards d’euros dans la BCP, première banque privée du pays, et 1,5 milliard dans BPI, quatrième du secteur, sous la forme d’obligations convertibles.

Dans un communiqué diffusé peu avant celui du Ministère des finances, la BPI avait annoncé avoir approuvé un plan de recapitalisation prévoyant une aide publique de 1,5 milliard d’euros, qui sera ensuite réduite grâce à une augmentation de capital de 200 millions d’euros à réaliser avant la fin septembre.

De même, la BCP doit faire une augmentation de capital de 500 millions d’euros «destinée à ses actionnaires actuels», réduisant ainsi l’aide nette à 3 milliards, a précisé le Ministère des finances.

Nouveau satisfecit

Le Portugal a obtenu lundi un nouveau satisfecit de ses créanciers internationaux, conforté ainsi, un an après l’obtention d’une aide financière, dans sa politique de rigueur, même si le gouvernement a admis une progression inquiétante du taux de chômage.

«D’après l’évaluation des institutions internationales, nous respectons notre programme de redressement», s’est félicité le ministre des Finances, Vitor Gaspar, à l’issue de la quatrième mission d’évaluation de la «troïka» (UE-BCE-FMI) représentant les bailleurs de fonds du Portugal.

«Nous continuons de faire face à des risques et incertitudes considérables au plan extérieur», a-t-il toutefois reconnu.

Le nouveau satisfecit de la «troïka» va permettre de débloquer une cinquième tranche de financement d’un montant de 4,1 milliards d’euros, a précisé le ministre.