Finances publiques

La Poste cherche de nouveaux revenus

Moins d’intérêts, moins de lettres, les résultats semestriels de La Poste confirment le recul des affaires. L’entreprise vise désormais de nouveaux marchés, notamment les crédits et les hypothèques. Le Conseil fédéral ne dit pas non

PostFinance a été et reste la vache à lait de La Poste et du service universel. Cette obligation constitutionnelle contraint l’entreprise postale nationale à livrer lettres et colis sur tout le territoire et à offrir des services de paiement à l’ensemble de la population. La filiale financière a connu un essor fulgurant, attirant de nombreux clients des banques traditionnelles. L’autorité de surveillance des marchés financiers, la Finma, lui a accordé une licence bancaire, mais avec des restrictions: elle n’a pas été autorisée à octroyer des crédits et des hypothèques. Elle ne peut le faire qu’en partenariat avec des tiers.

Sa principale source de revenus a cependant commencé à se tasser. Dans l’impossibilité d’entrer directement sur ces deux marchés, PostFinance détient une part importante de ses actifs sous forme d’obligations et vit des opérations d’intérêts réalisées sur ses placements. Or, depuis 2008, les taux n’ont cessé de baisser, à tel point que les résultats semestriels publiés jeudi montrent une diminution de 82 millions des produits d’intérêts. C’est dû aux conditions du marché et à la «phase de persistance de taux négatifs». «La tendance s’est accélérée», a commenté le chef des finances du groupe Poste, Alex Glanzmann, devant quelques journalistes.