Avant les fêtes de Noël, la Poste livre le double de paquets. C’est le seul département qui profite du développement de la vente en ligne. Mais ce service n’est pas automatisé. Dès lors plus de trois millions arrivent avec retard ou ne parviennent jamais à destination, selon la Schweiz am Sonntag.

Une partie est volée par des employés chargés de distribuer le courrier. L’entreprise a enregistré plus de 200 000 réclamations de clients l’an dernier. Un nombre en hausse de 2,5 % par rapport à l’année précédente.

275 000 francs pour quatre cas

Le journal dominical décrit le cas de quatre chauffeurs travaillant pour des sous-traitants ayant accumulé des paquets pour une valeur totale de 275 000 francs.

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Le premier sera traité demain lundi par le tribunal pénal fédéral. Il concerne un chauffeur de 46 ans qui serait responsable du vol de 1500 lettres et paquets. Travaillant pour l’entreprise de transport Meier Cargo, près de Zurich, il reconnaît avoir caché les objets d’abord dans son camion puis chez lui. Le chauffeur déclare avoir agi parce qu’il avait besoin d’argent. Il s’agit souvent d’objets dont seul le destinataire accorde une valeur, comme des avis de naissance, des cartes de Noël, mais aussi des alliances. Le montant total s’élève à 70 000 francs. Le journal s’étonne que la Poste ait mis plus d’un an avant de trouver la trace de 1500 objets volés.

D’après le porte-parole, c’est un cas isolé. La Schweiz am Sonntag présente toutefois d’autres «cas isolés». Le ministère public de Saint-Gall a mis en accusation, il y a un mois, un chauffeur de 53 ans, au service d’une entreprise privée de transports privée. Pendant six mois, il a ouvert, ainsi qu’il le reconnaît, plus d’un millier de paquets d’une entreprise de vente en ligne. La police a confisqué 350 T-shirts, 200 pantalons, 170 paires de souliers et 80 vestes, pour une valeur totale de 50 000 francs. La Schweiz am Sonntag cite d’autres affaires.

Conditions discutables pour les sous-traitants

En général, les personnes responsables de ces vols sont des employés de sous-traitants privés auxquels La Poste a externalisé des services. Le journal dit détenir le document d’un employé genevois gagnant 20 francs brut de l’heure. Leurs conditions de travail sont très inférieures à celles de la Poste. A Berne, La Poste collabore avec l’entreprise de courrier par vélo Notime. Il n’y a alors aucun contrat de travail. Le livreur est un indépendant. Selon le syndicat Syndicom, La Poste a externalisé des services à250 entreprises de transport.

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Le journal dominical ajoute que le Conseil fédéral a fixé vendredi les objectifs de La Poste d’ici 2020. Il a renoncé à la prescription des conditions de travail usuelles auprès des sous-traitants.