Un colis Zalando, puis une boîte Adidas, de nouveau un paquet Zalando suivi d’un carton au logo d’Amazon avancent chacun leur tour sur le tapis roulant, déposés manuellement et précisément dans l'espace rectangulaire de biais qu’il ne faut pas dépasser. Le paquet glisse ensuite sur l’une des deux places que compte le robot.

Ils s’appellent Sophia, Pumucki, Kokokovac ou encore Wall-E. Entourés d’une grille métallique pour des raisons de sécurité, ils sont 28 robots de tri à tourner dans un circuit sur rail au centre de colis régional de La Poste à Bale. Surtout, n’imaginez pas un humanoïde avec un colis sous chacun de ses bras tentaculaires. Pensez plutôt chariot automatisé tournant à une cadence soutenue, réceptionnant des colis et les éjectant dans une rampe en fonction de leur destination. Récupérés par des humains aidés d’un exosquelette, ils sont ensuite déposés dans d’autres chariots – tout ce qu’il y a de plus traditionnels – pour poursuivre leur route, la plupart d’entre eux vers d’autres centres de tri en Suisse.

La Poste profitait ce jeudi, veille d’un Black Friday synonyme d’un bond du nombre de colis, pour présenter à la presse ses dernières innovations pour absorber un volume de paquets toujours plus vertigineux. Les robots, fabriqués par l’entreprise française Fives, sont en test depuis octobre. Ils sont capables de transporter jusqu’à 35 000 paquets par jour et des poids allant jusqu’à 30 kilos de façon autonome, ce qui constitue une nouveauté mondiale, assure La Poste.

Des exosquelettes pour aider les employés

Les premiers résultats sont encourageants, même s’il y a eu des «couacs» de jeunesse, avoue Johannes Cramer, responsable de la logistique et membre de la direction de La Poste Suisse. Des bouchons sur la ligne, par exemple. Si le test est jugé concluant, les machines pourraient ensuite être déployées dans d’autres centres de tri. En ce qui concerne les paquets, les plus importants sont à Daillens (VD), Frauenfeld (TG) et Härkingen (SO) où passent jusqu’à 25 000 colis par heure.

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L’autre innovation, les exosquelettes, est déjà testée depuis quelques mois dans plusieurs centres de Suisse. A Bale, ils équipent 25 collaborateurs depuis lundi. Ces ceintures de soutien permettent de réduire l’effort de 20 à 30%.

La rencontre constituait aussi, pour le géant jaune, l’occasion de dévoiler ses préparatifs pour la période la plus intense de l’année. Il transporte plus d’un million de paquets par jour depuis cette semaine (contre 800 000 à 900 000 par jour le reste de l’année) et le volume pourrait même monter jusqu’à 1,5 million les derniers jours avant Noël.

Doubler les capacités

En 2021, le nombre de collaborateurs a augmenté de 730 par rapport à l’an dernier et le géant jaune, qui emploie un total de 20 000 personnes dans la logistique, a déjà fait appel à 200 employés temporaires pour l’aider à affronter la période pré-Noël, où les centres de tri travaillent 22 heures sur 24. La Poste a déjà planifié 700 tournées de distribution supplémentaires dans tout le pays et loué 300 véhicules de plus.

L’année n’est pas terminée, mais La Poste s’attend déjà à un record de 200 millions de paquets distribués en 2021, avance Johannes Cramer, responsable de la logistique et membre de la direction de La Poste Suisse, devant la presse. L’an dernier, le volume total avait atteint 191 millions de colis.

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Les préparatifs vont au-delà de Noël, la vague de commandes sur internet étant attendue toujours plus haute chaque année. D’ici à 2030, La Poste veut ainsi doubler ses capacités de tri, investir 1,5 milliard de francs, compter 1500 places de travail supplémentaire, augmenter le nombre de centres de traitement des paquets, énumère Johannes Cramer. Nommé en juin 2020, l’ex-responsable opérationnel de Digitec Galaxus ajoute à cette liste un autre objectif: celui d’être neutre du point de vue du climat. Pour les paquets d’abord, puis pour toute l’entreprise d’ici 2040.