«Dès demain, nous ne parlerons plus que de produits condimentaires.» Pour Philippe Reitzel, président de PRI Holding (Groupe Poupon Reitzel), une page d'histoire de l'entreprise vient de se tourner avec la vente de Caserta-Salvi, la filiale française d'importation, de fabrication et de commercialisation de produits italiens. Désormais, le groupe entend se recentrer sur un pôle d'activité, les conserves au vinaigre et les sauces. C'est en 1989 que la nouvelle équipe aux commandes de PRI décide de s'implanter en France pour avoir identifié dans les produits italiens une niche de marché porteuse de croissance. «Nous avons créé de toutes pièces cette organisation, en regroupant des petites sociétés familiales en une entreprise structurée sur le plan national précise Bernard Poupon, administrateur délégué du groupe. Aujourd'hui, l'entreprise est leader sur le marché.»

Alors pourquoi se séparer de cette entité? Côté chiffres d'abord, l'évolution de Caserta-Salvi n'a pas été à la hauteur des attentes. En 1997 déjà, même si les ventes progressaient de 23% à 47 millions de francs, la filiale devait restructurer Pasta Sirio, fabricant intégré de pâtes fraîches et de produits traiteur, pour un million de francs. L'an dernier, les ventes enregistraient un recul de 16% à 39,2 millions. Quant aux résultats 1998 des produits italiens, «ils ne sont pas bons», selon les termes de B. Poupon, avec une perte de près de 2 millions, entraînant un plan de restructuration et le licenciement de plusieurs cadres.

La contre-performance s'est reflétée sur l'ensemble de l'exercice du groupe en 1998. Le chiffre d'affaires brut passe de 108,7 à 101,3 millions. Et si le résultat d'exploitation augmente de 17% à 5,4 millions, il reste pénalisé par les mauvaises performances de la filiale française. PRI termine ainsi son année sur une perte avant amortissement de l'écart d'acquisition et des participations consolidées de 1,2 million et une perte nette de 1,9 million contre 0,6 million un an auparavant. Au premier semestre, le groupe trouvait un repreneur pour Caserta-Salvi, le français Sadipal, pour 4,4 millions de francs. Philippe Reitzel précise: «Les raisons de la vente ne se trouvent pas dans les mauvais résultats de Caserta-Salvi. Entre les produits italiens et les condiments, il n'y a plus de véritable logique commerciale et encore moins industrielle.»

L'avenir de PRI se dessine donc exclusivement dans les produits condimentaires avec l'usine de conditionnement d'aliments au vinaigre et l'atelier sauce à Aigle, les Conserveries Bésiers en France et l'entreprise industrielle Zey-Tur-San en Turquie dans laquelle le groupe possède une participation minoritaire. Globalement, ces activités sont restées stables l'an dernier avec des ventes de 62 millions et un bénéfice brut de 0,6 million contre une légère perte en 1997. «Il n'existe pas de groupe européen dans le secteur, dit Bernard Poupon. C'est précisément le domaine dans lequel nous avons les connaissances, tant dans la fabrication que dans la distribution et dans l'analyse des goûts des consommateurs.» Avec cette stratégie, le groupe entend améliorer son ratio fonds propres sur fonds étrangers et renouer avec les chiffres noirs.

C. Rt