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«Poursuite de la surperformance le reste de l'année»

Erasmo Rodriguez Analyste marchés émergents, UBP

Les performances des actions sud-américaines en 2003 ont été impressionnantes. Cette année, le niveau des rendements est certes moins important, mais il reste supérieur au niveau des pays industrialisés. Cette surperformance devrait se poursuivre durant le reste de l'année et les investisseurs avisés en quête de gains devraient continuer à affluer dans la région.

Les rendements sont attrayants, tant en monnaie locale qu'en dollars. La Colombie a enregistré une hausse de 35% depuis le début de l'année, le Mexique a progressé de plus de 15% et le Pérou de près de 20%. Au Brésil et en Argentine, où les indices affichent une performance négative, on trouve malgré tout des entreprises qui dégagent des performances positives, notamment dans la métallurgie et les télécoms.

De manière générale, les entreprises orientées vers le marché domestique enregistrent très clairement une performance supérieure. Ainsi, au Mexique, des sociétés comme Televisa, Homex, Hylsamex ou America Movil comptent parmi les titres les plus dynamiques. En Colombie, ce sont des entreprises appartenant aux secteurs de la finance (Banco Occidente), des télécoms (Edatel) et de la métallurgie (Cementos Paz del Rio) qui figurent en tête du palmarès boursier.

Compte tenu de l'amélioration du pouvoir d'achat des ménages, le PIB de la région devrait augmenter de plus de 4% en 2004. On peut donc en déduire que, si la région bénéficie encore d'une situation extérieure favorable – faible taux d'intérêt, prix des matières premières élevés, demande externe en hausse et termes de l'échange favorables – c'est avant tout la demande intérieure qui tire la croissance vers le haut et qui accroît le bénéfice des sociétés, garantissant à court terme la poursuite de l'embellie boursière.

Seul bémol pour des investisseurs raisonnant en francs suisses ou en euros, le risque de change. Même si nous sommes optimistes quant à la stabilité des taux de change, nous ne pouvons écarter totalement un scénario de hausse soutenue des taux d'intérêt américains qui détériorait les balances des capitaux et provoquerait une dépréciation accélérée des monnaies locales, comme nous l'avons vu entre avril et mai de cette année.