Rien ne semble pouvoir enrayer le rebond des marchés actions des derniers mois. Ni la reprise de la hausse du nombre de cas de Covid-19, ni les tensions diplomatiques entre les Etats-Unis et la Chine, ni les incertitudes autour des perspectives économiques, qui ne constituent, pour le moment, que des sources de volatilité épisodique. La tendance de fond est en fait alimentée par un cocktail de politiques économiques si puissant qu’il faudrait plus que de simples craintes, incertitudes ou même déceptions pour la faire dérailler.

L’interventionnisme des gouvernements et des banques centrales, déjà spectaculaire lors de l’irruption du coronavirus, ne se relâche pas, malgré des signaux encourageants de reprise de l’activité. Après avoir baissé les taux à court terme au plancher (ou en dessous…) et lancé des programmes d’injection de liquidités sans précédent, les principales banques centrales se sont attachées dernièrement à convaincre les investisseurs que ces politiques resteraient en place pour (très) longtemps et qu’il ne fallait pas craindre (ou espérer) la moindre normalisation à horizon visible. La Réserve fédérale américaine prévoit ainsi de maintenir son taux directeur à 0% au moins jusqu’en 2022 (!) et de continuer ses injections de liquidités «au moins au rythme actuel».