L’affaire de la vente opaque des charbonnages tchèques Mostecká Uhelná Spolecnost (MUS), qui a conduit le 26 octobre au gel de 660 millions de francs dans des centaines de comptes bancaires par la justice helvétique, connaît un nouveau rebondissement. A Prague, c’est maintenant l’attitude d’anciens responsables de la justice dans ce dossier qui est remise en cause. Contacté jeudi, le procureur en chef du Parquet de Prague, ­Stanislav Mecl, évalue «la possible responsabilité de procureurs impliqués dans la réponse aux demandes d’entraide judiciaire des autorités helvétiques» par le passé. Il évoque «les délais» dans leur traitement de ces requêtes.

Récemment nommé, Stanislav Mecl se penche sur des «responsabilités [pouvant déboucher sur des mesures] disciplinaires voire pénales», à l’encontre de ses prédécesseurs. «Nous voulons continuer notre collaboration avec les autorités suisses», affirme le procureur en chef. Ne voulant pas être citée sur ce dossier, une autre source à Prague affirme que les autorités tchèques demandent à se porter partie civile lors de l’éventuel procès en Suisse; ce qu’elles écartaient jusque-là.

Volet de corruption

Le Ministère public de la Confédération (MPC) a enquêté durant six ans sur ce qui pourrait être une appropriation illicite du plus grand groupe minier tchèque. Un acte d’accusation a été soumis au Tribunal pénal fédéral le 20 octobre. Il vise sept personnes, dont un ex-administrateur du Fonds monétaire international. Ces dernières sont accusées de «blanchiment d’argent aggravé», de «faux dans les titres» et «d’escroquerie», indiquait alors le MPC dans un communiqué.

En République tchèque, un pan de l’affaire implique également «des graves actes de corruption», soutient le site d’information CeskaPozice . Ce dernier, ainsi que son homologue Aktualne , évoque en outre le «laxisme» de la justice tchèque dans cette affaire.