On pourrait croire que l’histoire ne concerne qu’une banque suisse et une société d’investissement. En réalité, les ramifications de l’affaire Greensill semblent sans fin et apparaissent aux quatre coins du monde. C’est un communiqué de quelques lignes, publié lundi, qui a mis le feu aux poudres. Credit Suisse y annonçait la suspension des remboursements et des souscriptions dans ses fonds spécialisés dans le financement de la chaîne d’approvisionnement pour «protéger les intérêts de tous les investisseurs». Principalement investis dans des produits fabriqués par Greensill, ces véhicules gèrent près de 10 milliards de dollars.

Ancienne pépite de la finance, Greensill, fondée par un banquier d’investissement australien du même nom et conseillée par l’ancien premier ministre britannique David Cameron, pensait avoir trouvé un créneau en or: l’affacturage inversé – un moyen pour les fournisseurs d’obtenir des paiements de leurs clients avant l’échéance et via un tiers. Avant que cela ne se retourne contre elle.