Après les petits indépendants et les PME, au tour des start-up. Le Conseil fédéral a annoncé mercredi venir en aide aux jeunes pousses fragilisées par la pandémie de covid-19. Il débloque 100 millions de francs pour du cautionnement spécifique, dédié à ce type d’entreprise.

Ne générant souvent pas encore – ou pas assez – de chiffre d’affaires, plusieurs d’entre elles ne peuvent en effet pour l’heure pas bénéficier des crédits-relais mis en place par la Confédération. Beaucoup auront aussi besoin d’un coup de pouce gouvernemental, le marché du capital-risque s’asséchant rapidement.

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Toute la difficulté de l’exercice réside dans le choix des entreprises, puisque le taux de survie des start-up est faible. «Nous savons qu’il y a un risque, mais si nous ne faisions rien, le risque était encore plus grand», a déclaré le conseiller fédéral Ueli Maurer qui a présenté le nouvel instrument en conférence de presse.

Identifier les entreprises «prometteuses»

Le mécanisme adopté repose largement sur les cantons. Car ceux-ci connaissent mieux le tissu local et les entreprises, a expliqué le ministre des Finances. A eux donc la tâche de sélection des jeunes entreprises jugées «prometteuses», pour reprendre les termes du communiqué de presse. Au besoin, ils peuvent faire appel à un comité consultatif auprès de l’agence fédérale Innosuisse.

Ne rien faire est plus risqué

Le conseiller fédéral Ueli Maurer

Leur implication va bien plus loin, puisqu’ils doivent compléter la garantie d’Etat, à raison d’un tiers du crédit demandé. Au total, ce sont donc 154 millions de francs qui devraient être à disposition des jeunes entreprises. De l’argent qui ne sera pas distribué aussi facilement que pour les PME. Les demandes transiteront encore par un organisme de cautionnement.

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Avec leurs nombreuses pousses issues des hautes écoles fédérales, les cantons de Vaud et de Zurich risquent d’être fort sollicités. Selon le rapport sur le capital-risque publié par Startupticker, les financements obtenus en 2019 dans le premier ont atteint un montant de 456 millions, ils ont dépassé le milliard sur les bords de la Limmat. Le canton de Genève était loin derrière avec 60 millions de francs levés auprès des investisseurs.

«C’est une première étape dont nous ne pouvons que nous réjouir», réagit Jordi Montserrat, cofondateur de Venturelab. L’organisation de soutien aux start-up, l’une des plus anciennes du pays, s’active depuis des semaines pour défendre les intérêts de ces entreprises à Berne.

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Une première étape, car en mettant 100 millions de francs sur la table, le Conseil fédéral donne un peu d’air à ce secteur, mais n’empêchera pas de nombreuses entreprises de rester sur le carreau. A titre d’exemple, la France a débloqué 4 milliards d’euros pour ses jeunes pousses, l’Allemagne 2 milliards.

Un soutien modeste

«C’est mieux que rien», commente Jordi Montserrat pour qui il reste une inconnue, à savoir la manière dont les cantons vont choisir les entreprises: «En prenant en compte les investissements déjà réalisés et les résultats obtenus», espère-t-il.

Le Secrétariat d’Etat à l’économie a jusqu’au 30 avril pour élaborer la procédure. Les cantons doivent de leur côté décider s’ils participent. Innovaud est par exemple en train d’analyser la proposition. Le Département vaudois de l’économie a déjà débloqué 20 millions de francs pour soutenir ses jeunes entreprises innovantes.

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