Formellement, le premier jour de salaire tombera lundi. Mais Business & Professional Women Suisse (BPW) a choisi ce samedi pour signaler que les femmes du pays avaient travaillé gratuitement jusqu'au 20 février. 

Selon l'organisation, à travail égal, les femmes continuent en effet de gagner moins que les hommes en Suisse. La part discriminatoire des inégalités salariales - c'est-à-dire la part jugée infondée- est de 14,4%, rappelle-t-elle. Pour elle, cela revient à travailler gratuitement jusqu'à ce jour, tandis que les hommes sont payés depuis le 1er janvier.

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L'organisation se base sur les salaires médians dans le secteur privé. Il n'y a aucune raison pour laquelle une femme devrait gagner moins qu'un homme pour le même travail et la même performance, relève l'organisation.

L’entrée en vigueur de la loi sur l’égalité révisée le 1er juillet 2020 est supposée réduire ces disparités. Elle oblige les entreprises de 100 employés et plus à analyser les salaires versés sous l’angle de l’égalité.

A un rythme d'escargot

Pour s'informer, les syndicats recommandent la plateforme www.respect8-3.ch. Ce site permet de voir les entreprises qui ont déjà rempli leur obligation légale, ainsi que celles qui le font volontairement.

Cinquante ans après le droit de vote pour les femmes en Suisse, les choses continuent à progresser à un rythme d'escargot. Même si en douze ans d’existence, le jour de l'Equal Pay, lancé par BPW Suisse, a reculé du 15 mars au 20 février, remarque Travail.Suisse.

Le syndicat reste toutefois inquiet en observant l’évolution de la part discriminatoire des différences salariales, soit cette part qui ne s’explique pas par des critères objectifs. Celle-ci avait augmenté selon les chiffres de 2016, passant de 39 à 43%.

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