Mardi se tient l'assemblée du FMI à Washington, et samedi sa réunion d'automne. C'est l'occasion d'un constat réaliste: le FMI, s'il en obtenait le mandat, ne pourrait pas prévenir les risques du système financier global. Alors qu'un cadre multilatéral pourrait paraître idéal, il serait vain de refondre Bretton Woods dans ce but. Car le pouvoir se trouve ailleurs.

Tout au long de la crise, c'est la bourse américaine qui a dicté l'action. L'effondrement du Dow Jones, lundi dernier, a signé le revirement du Congrès en faveur du plan de sauvetage à 700 milliards. Parce qu'un krach menace la solvabilité des banques, et surtout la richesse des Américains et leur taux de consommation, la bourse concentre un pouvoir inouï entre ses mains. Consciente de ce lien avec l'économie réelle, elle en use et en abuse, dictant la politique monétaire de la Réserve fédérale, devenue son lieutenant depuis l'ère Greenspan. C'est au gré des paniques successives de Wall Street que la Fed a baissé son taux directeur de 5,25% à 2%.

Et dans les moments graves, entre en scène le Trésor, puissant avocat du système financier auprès du Congrès. En dehors de cette chaîne de commandement, les seuls qui auraient encore un mot à dire sont les fonds souverains et les banques centrales du Japon et de la Chine, potentiels bailleurs de fonds et ultimes garants du dollar.

Même le Congrès est impuissant, pieds et poings liés par l'impossibilité de laisser perdre Wall Street. La finance américaine a admirablement placé ses pions. Ayant pris l'économie réelle en otage, elle n'aura plus jamais à payer la casse. Face à ce problème-là, que peut le FMI, ou les régulateurs du G7?