UBS détaille le 6 mai ses chiffres du 1er trimestre. Elle a déjà annoncé que la perte s'élèverait à 12 milliards de francs, suite aux amortissements de 19milliards de dollars de sa banque d'affaires, qui ont imposé la seconde recapitalisation de 15 milliards de francs. Les analystes veulent y voir le dernier acte qui clôturera le cauchemardesque épisode «subprime». Les positions à risque, ramenées à 31 milliards de dollars, pourraient souffrir encore 10 milliards de dépréciations cette année, ce qui bouclerait la facture «subprime» à... 48 milliards.

Il sera question de l'avenir de la banque d'affaires, qui remballe ses ambitions. Des suppressions de 8000 postes seraient envisagées. Le secteur de l'investment banking reste en outre déprimé, les commissions sur émissions de dette et d'actions globales ayant chuté de 48% au 1er trimestre, et de 30% sur les fusions et acquisitions, tendance accentuée en avril.

A l'évidence, les analystes guetteront les dégâts sur la gestion de fortune d'UBS. Ils estiment que, suite à des défections de clients et de gestionnaires, la masse sous gestion a reculé entre 9 et 11%. Les clients privés suisses auraient retiré 400 millions, selon Merrill Lynch, mais la banque aurait récolté 10 milliards à l'international. Les retraits les plus préoccupants - 8 milliards, selon Vontobel - proviendraient des clients institutionnels. Dans la gestion privée, les résultats souffriront aussi de la faiblesse du dollar, qui représente 36% des avoirs investis. Le recul boursier affectera les placements en actions (37% des avoirs privés), réduisant les transactions de la clientèle, qui pèsent 35% des revenus.