Des panneaux solaires qui se confondent avec les tuiles

Photovoltaïque Une première maison à Corcelles (NE) a opté pour la couleur ocre

Après le noir et le bleu ou même le blanc, les panneaux photovoltaïques trouvent une nouvelle teinte: l’ocre. Cette couleur, dite terracotta, permettra de séduire tous les toits. «Maisons traditionnelles, vieilles fermes ou monuments historiques pourront tous être équipés de panneaux solaires qui s’intégreront mieux dans l’architecture. Les restrictions esthétiques ne seront plus limitatives», prévoit Christophe Ballif, directeur du Laboratoire de photovoltaïque de l’EPFL (PV-Lab) et du Centre PV du CSEM à Neuchâtel.

«Nous avons conçu des panneaux photovoltaïques dont la couleur terre cuite correspond parfaitement à celle des tuiles traditionnelles, note Christophe Ballif. C’est une première mondiale.» Une maison familiale, en bordure du vieux village de Corcelles, près de Neuchâtel, vient d’effectuer les travaux grâce au feu vert donné par la Commission d’urbanisme. «Il suffit de 50 à 60 mètres carrés, sur un toit orienté sud, pour fournir l’entier de la consommation annuelle d’une famille standard», précise Christophe Ballif.

Vers une industrialisation

Cette nouvelle technologie a été brevetée par le Laboratoire de photovoltaïque de l’EPFL (PV-Lab). Pour parvenir à cette teinte terracotta, une modification du procédé de fabrication des modules en couches minces de silicium amorphe a été effectuée. L’épaisseur de la couche active a, entre autres, été réduite de 40 nanomètres. «Nous avons joué sur les propriétés optiques. Désormais, nous assurons la phase finale de certification et son industrialisation avec le CSEM», précise Christophe Ballif. L’entreprise Üserhuus AG travaille avec le CSEM à la commercialisation du produit.

Les panneaux terracotta ont des rendements inférieurs à ceux de leurs homologues noirs ou bleus. L’énergie produite est de l’ordre de 70 kWh par mètre carré par année en Suisse. Ils ont par contre le potentiel d’atteindre des prix au mètre carré très bas, légèrement supérieurs au prix d’une bonne tuile.

L’une des difficultés, c’est d’arriver rapidement à produire un volume assez grand qui permette de faire baisser les prix. «Le but serait d’atteindre des gros volumes, soit de 200 000 à 1 000 000 de mètres carrés par année. On pourrait ainsi théoriquement atteindre un prix de 50 à 80 francs suisses le mètre carré. Les panneaux cristallins traditionnels coûtent actuellement entre 90 à 200 francs le mètre carré et sont beaucoup moins esthétiques», souligne Christophe Ballif.