Au cœur des marchés

Quel prénom avez-vous choisi au nourrisson 2016?

Sachant que la création de richesse dans les pays industrialisés s’extrait pour 65 à 85% des services et que même la Chine a atteint 50%, pourquoi affliger le nourrisson 2016 de prénoms aussi difficiles à porter?

L’actualité financière, économique et politique se bouscule ces dernières semaines, laissant planer une incertitude sur les marchés financiers entre les prix du pétrole qui oscillent autour de leurs plus bas, le yuan qui s’est déprécié et les banques centrales qui relayent le message de craintes par rapport à l’environnement international. Tout est à nouveau exacerbé au profit de l’aversion au risque et des traditionnels refuges de l’investissement.

Crise souveraine loin des esprits, la dette gouvernementale européenne à très long terme séduit encore, à croire que récession et déflation sont les prénoms en vedette de l’année 2016 qui a à peine pointé le bout de sa tête. Certes les deux sources de croissance parentales sont inégales entre la consommation de services, moteur d’accélération, et l’industrie transformatrice de produits, source de ralentissement. Sachant que la création de richesse dans les pays industrialisés s’extrait pour 65 à 85% des services et que même la Chine a atteint 50%, pourquoi affliger le nourrisson 2016 de prénoms aussi difficiles à porter?

Cécité des anges gardiens

Les banques centrales, anges gardiens, ont pourtant laissé s’apprécier la tare du dollar fort, celui-là même qui préjudicie la croissance 2016 en étant un catalyseur avéré du ralentissement des échanges extérieurs (pour plus de 60% libellés en dollars) et des pressions baissières sur les prix des matières premières. Un dollar apprécié est donc une source indéniable de déséquilibres, entre les économies consommatrices et exportatrices d’énergie, entre la croissance domestique et extérieure, entre les services et la manufacture. Il peut par ailleurs empêcher le développement naturel 2016 et son accélération, au préjudice de toutes les zones de croissance. Manifestement les anges gardiens ne veulent pas voir cette anomalie.

La course à la faiblesse de la devise, soutenue pour un temps par les politiques de liquidité (quantitative easing) visant les investissements de moyen et long termes, se déplace à présent sur les rendements de court terme. L’arbitrage entre cash sans revenu, voire même coûteux, en faveur d’une rémunération même faible en dollars fait recette (carry trade). Elle alimente les attentes de poursuite du mouvement du dollar vers de nouveaux records.

Le billet vert, pilier mondial

Dépréciation du yuan chinois et nouvelle mesure de taxation des dépôts de la Banque du Japon s’invitent au jeu dangereux; sans compter que ces stratégies de taux négatifs s’appuient sur l’expérience encore très récente de la BNS et dont les effets sur le secteur financier sont encore mal évalués. Renchérissement de la politique des taux négatifs et du dollar sont des défauts difficiles à corriger qui assurent des nuits perturbées. Le monde a besoin d’un dollar stable.

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