Conformément aux directives de l’Autorité de surveillance des marchés financiers (FINMA), environ un tiers de la somme des «primes de motivation» sera versé immédiatement, tandis que les deux tiers restant seront remis en fonction de «l’évolution de la performance».

«Il est primordial que nos éléments clés soient impliqués personnellement dans l’avenir de l’établissement», se justifie l’UBS dans un communiqué lundi, à l’occasion de la publication de son rapport de gestion. Et d’ajouter que la banque «ne peut se permettre de perdre ceux ayant les aptitudes requises pour que l’établissement renoue avec le succès».

Grübel pas le mieux loti

Le salaire le plus élevé, de 13,2 millions de francs, est allé à l’un des deux directeurs de la banque d’investissement, Carsten Kengeter. Le patron du groupe, Oswald Grübel, n’est ainsi pas le mieux loti, après avoir renoncé à la part variable de son salaire pour 2009. Il touche 3 millions au titre de rémunération fixe.

Mais à la place des primes de son précédent employeur, le Credit Suisse, sur lesquelles il a fait une croix, Oswald Grübel a reçu des options bloquées d’une valeur de 13 millions de francs lorsqu’il a intégré la banque en février de l’an dernier.

Le prédécesseur d’Oswald Grübel à la tête du numéro un bancaire suisse Marcel Rohner, poussé vers la sortie début 2009, a lui reçu une indemnité de départ de 1,5 million de francs. En plus de cette somme, il a perçu 1,2 million de rente.

Six fois plus qu’en 2008

Au final, la somme des rémunérations de la direction (69,4 millions) a été multipliée par six par rapport à 2008, année du sauvetage à coups de milliards de la banque par la Confédération. Ses dirigeants avaient alors encaissé 10,7 millions. Les rétributions de l’année dernière restent toutefois inférieures de 72% à celles attribuées avant la crise, indique l’UBS. En 2006, la direction du géant bancaire avait reçu 246,8 millions.

Du côté du conseil d’administration, le président Kaspar Villiger a perçu 850 000 francs, après avoir renoncé à une prime en actions de 2 millions de francs. Il avait été élu à sa fonction en avril dernier. Son prédécesseur, Peter Kurer, a pour sa part encore touché 794 000 francs au titre de 2009.

Les actionnaires trancheront

Les actionnaires de l’UBS se prononceront sur les décisions de la banque en matière de rémunérations lors de l’assemblée générale ordinaire qui se tiendra en avril. Au total, pour 2009, l’établissement zurichois a inscrit 2,9 milliards de francs à destination des bonus de ses 65 000 employés à travers le monde, selon des chiffres dévoilés début février.

Demande d’informations

A la suite de l’accord entre la Suisse et les Etats-Unis, «les autorités fiscales d’un certain nombre de pays ont déposé des demandes ou fait des enquêtes sur UBS ou d’autres institutions financières suisses et non suisses fournissant des services transfrontaliers de gestion de fortune», reconnaît UBS dans son rapport annuel. Il s’agit plus particulièrement du Canada, du Royaume-Uni et de l’Australie, précise la banque.

UBS ne donne en revanche pas de détail sur leurs demandes mais assure qu’elle coopère «dans les limites de ses obligations financières de respect de la sphère privée» (secret bancaire). «Il serait prématuré de spéculer sur l’issue de ces demandes», a-t-elle ajouté.

Washington et Berne ont signé en août un accord avec la banque prévoyant de mettre fin aux poursuites d’UBS aux Etats-Unis contre les noms de 4450 clients de l’institution helvétique, qu’elle est suspectée d’avoir aidé à ouvrir des comptes non déclarés à l’étranger.

Cette affaire a mis la puce à l’oreille d’autres pays, tel le Canada qui avait déjà annoncé avoir engagé en septembre dernier des négociations avec l’établissement helvétique pour tenter de lui arracher la liste de ses clients canadiens profitant du secret bancaire suisse.

Selon les autorités fiscales canadiennes, début décembre 2009 près de 7000 Canadiens fraudeurs s’étaient dénoncés sous la pression, dont seulement 90 porteurs de comptes chez UBS.