gestion de fortune

Près des deux tiers des banques privées sont en situation de déclin

Selon KPMG, le rendement des fonds propres a été négatif pour 36% des 94 instituts analysés en 2013, alors que 28% les ont stabilisé à un faible niveau. Le mouvement de consolidation s’est accéléré au sein du secteur en première moitié d’année

Près des deux tiers des banques privées sont en situation de déclin

Etude Selon KPMG, le rendement des fonds propres a été négatif pour 36% des instituts en 2013

L’étude de KPMG consacrée à la performance des banques privées suisses en 2013 se lit comme un condensé de mauvaises nouvelles. L’an dernier, plus du tiers (36,2%) des 94 établissements analysés par la société de conseil ont enregistré des pertes. Parmi ces 34 instituts, neuf d’entre eux ont plongé dans les chiffres rouges l’an dernier pour la première fois depuis quatre ans en raison des provisions portées en compte à cause du programme américain de régularisation fiscale.

Pour Christian Hintermann, partenaire chez KPMG et auteur de l’étude réalisée en collaboration avec l’Université de Saint-Gall, ces charges supplémentaires n’expliquent pas tout. En effet, les petites banques – celles qui gèrent des actifs inférieurs à 5 milliards de francs – sont largement surreprésentées parmi les instituts qui affichent des pertes. «Il y a un groupe de banques qui ne parviennent pas à reprendre le contrôle de la situation», a estimé l’expert devant les médias mercredi à Zurich. L’étude de KPMG sur les banques privées n’incluait pas UBS et Credit Suisse, ni les unités de gestion de fortune des banques cantonales. De même, les établissements bénéficiant du statut de «banquiers privés», comme Lombard Odier et Pictet, n’en font pas partie, faute de chiffres disponibles pour 2013.

KPMG a analysé l’évolution du rendement des fonds propres pour quatre groupes d’établissements. En moyenne, il a atteint 4,5% en excluant l’impact des charges liées au programme américain. Cette valeur moyenne ne reflète toutefois pas les différences importantes entre établissements. Christian Hintermann s’inquiète en particulier des instituts décrits comme étant «en déclin continuel», soit 21 banques, qui ont vu leur rendement devenir négatif en 2013.

La deuxième catégorie, celle des instituts «en déclin stable», concerne 28% des banques privées. Celles-ci ont certes vu leur rentabilité s’effriter entre 2007 et 2011, avant de se stabiliser aux environs de 4% depuis 2011.

A l’autre bout de l’échelle, 20% des instituts ont terminé leur redressement et «montrent des signes clairs de reprise». Enfin, 16% des banques privées réalisent des «fortes performances» et affichent un rendement des fonds propres proche de 18% l’an dernier. Un rendement des fonds propres de 8 à 10% pour les grands instituts et de 10 à 12% pour les plus petits est jugé nécessaire par KPMG pour assurer une rentabilité opérationnelle suffisante à long terme.

Pour la suite, le cabinet se montre prudent. D’une part, car les coûts du programme américain pourraient encore augmenter, en dépit des 900 millions de francs qui ont déjà été comptabilisés. «Avec l’introduction de l’échange automatique d’informations et d’autres initiatives prévues, les coûts liés à la réglementation vont certainement encore augmenter», anticipe Christian Hintermann.

Par ailleurs, les coûts salariaux ne baissent pas. Pour les 31 000 employés de la branche, les charges salariales se sont maintenues à 213 000 francs par personne, comme durant les trois dernières années. La nécessité de recruter du personnel spécialisé, par exemple pour les tâches de compliance, et l’environnement toujours concurrentiel de la branche empêchent une baisse des salaires dans ce secteur, observe l’expert.

Le mouvement de consolidation devrait s’accélérer cette année. De janvier à juillet 2014, neuf transactions représentant 125,6 milliards d’actifs sous gestion ont eu lieu, comparé à 12 transactions portant sur 18 milliards en 2013. Ce bond s’explique par la reprise de la banque tessinoise BSI par le groupe brésilien BTG Pactual pour des actifs de 90 milliards.

«Il y a un groupe de banques quine parviennent pas à reprendre le contrôle de la situation»

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