Politique monétaire

Le président de la BCE Mario Draghi rejette les accusations américaines

L’Allemagne profite d’un euro «largement sous-évalué» faible pour réaliser ses excédents commerciaux, selon Peter Navarro, un proche du président Donald Trump et un faucon en matière de politique commerciale

Non, la Banque centrale européenne (BCE) ne manipule pas l’euro à la baisse pour soutenir les exportations européennes. Son président Mario Draghi a tenu à réfuter une accusation selon laquelle l’Allemagne en particulier «exploite» ses principaux partenaires, dont les Etats-Unis et d’autres pays européens, pour réaliser des excédents commerciaux. Lors d’une intervention lundi au Parlement européen, Mario Draghi a démenti toute manipulation de l’euro, ajoutant que l’utilisation de la monnaie unique évite la dévaluation compétitive au sein de la zone euro. Il a affirmé que la BCE n’est jamais intervenue sur le marché des changes.

Déséquilibre

A peine nommé à la tête du nouveau Conseil de commerce à la Maison-Blanche par le président américain Donald Trump, Peter Navarro a accusé l’Allemagne de profiter d’un euro largement sous-évalué. Dans une interview au Financial Times les 30 janvier dernier, ce faucon en matière de politiques commerciales a expliqué que «le déséquilibre commercial structurel que l’Allemagne entretient avec le reste de l’Union européenne et les Etats-Unis souligne l’hétérogénéité économique au sein de l’UE.»

Lire aussi: Un conseiller de Trump accuse l’Allemagne de profiter d’un euro «largement sous-évalué»

La chancelière allemande Angela Merkel avait aussitôt réagi et réfuté toute ingérence de Berlin dans la politique monétaire de la BCE. En revanche, Wolfgang Schäuble, son ministre des Finances, a lui pointé du doigt la BCE, accusant sa politique monétaire accommodante d’être responsable de la constante baisse de l’euro par rapport au dollar. «Je ne veux pas être critiqué pour les conséquences de cette politique», a encore déclaré le ministre dans une interview accordée samedi au quotidien allemand Tagesspiegel.

Compétitivité allemande

Devant les eurodéputés lundi, Mario Draghi a expliqué que le surplus commercial allemand s’explique d’abord par une plus grande compétitivité en Allemagne par rapport à d’autres pays. Par ailleurs, il s’est félicité de la politique monétaire de la BCE qui commence à porter des fruits. Le président de la BCE a aussi fait comprendre que la zone euro avait encore besoin du soutien malgré l’embellie.

Après une hausse de 1,1% en décembre, l’inflation a atteint 1,8% le mois dernier, très proche de l’objectif de 2% fixe par la BCE, la hausse s’expliquant toutefois par la hausse des prix pétroliers. Le taux de chômage est descendu à 9,6% en décembre, son niveau le plus bas depuis mai 2009. Au quatrième trimestre, le taux de croissance dans la zone euro a pris de la vigueur, s’établissant à 0,5%, contre 0,4% au troisième trimestre.

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