Le départ de Gerhold Bührer de la présidence d’economiesuisse, après deux mandats, était attendu, même si certains évoquaient une possible prolongation. Son bilan parle en sa faveur: sur 11 campagnes menées sous son égide, 10 ont connu un résultat conforme au lobby de l’économie. Par ailleurs, des réformes importantes ont été entreprises au sein de l’organisation.

Rudolf Wehrli est proposé à l’unanimité du comité directeur pour lui succéder. L’élection officielle aura lieu le 30 août, à l’occasion de la Journée de l’économie. Le choix peut paraître étonnant. Plus sur la personne choisie que sur son profil. C’est un candidat interne, membre du comité directeur de l’organisation, et ancien président de Scienceindustries (chimie et pharmacie). Viktor Parma, coauteur d’un ouvrage polémique (Die käufliche Schweiz), ne croyait pas à la nomination d’un représentant de la chimie, parce qu’elle n’en aurait pas eu besoin. Parmi les candidats possibles, le Tages-Anzeiger évoquait les noms de Hans Hess, Rolf Soiron ou Patrick Odier.

Excellent réseau

Tout le monde savait qu’il serait compliqué de trouver une personnalité aussi bien introduite dans les milieux politiques que Gerhold Bührer. Rudolf Wehrli est polyvalent. C’est le premier président d’economiesuisse au bénéfice d’un doctorat, en théologie, en philosophie et en littérature allemande, qui a débuté sa carrière auprès de McKinsey, l’a poursuivi à Credit Suisse, puis dans la décoration (Silent Gliss), avant de devenir président de la direction de Gurit-Heberlein (de 2000 à 2006). Il passe ensuite au sein d’un plus grand groupe chimique, le bâlois Clariant. Il devint président de son conseil d’administration en mars dernier.

«Rudolf Wehrli dispose d’un excellent réseau non seulement économique, mais aussi politique, ainsi que je l’ai personnellement vu à Berne», a déclaré au Temps Christoph Mäder, délégué de la commission du personnel d’economiesuisse. Ce dernier met en avant la diversité de son expérience professionnelle et ses convictions libérales (Trustee d’Avenir Suisse). «C’est aussi un bon connaisseur des différentes branches de l’économie et des multinationales comme des PME», a-t-il ajouté. En effet, il est administrateur de Kambly et de Precious Woods.