«Les exemples de fondateurs d’entreprises qui doivent payer davantage d’impôt sur la fortune et sur le revenu qu’ils ne génèrent de revenus abondent», a déclaré Urs Häusler, directeur de Dealmaker, lundi à Zurich, lors du premier Swiss Fintech and Digitization Day, organisé par Swiss Finance Startups (SFS). «En Suisse, Mark Zuckerberg aurait depuis longtemps fait faillite», a-t-il ajouté.

«Dans la fintech, la Suisse est en retard par rapport à Londres, Berlin ou Singapour», a reconnu Johann Schneider-Ammann, président de la Confédération. Ce dernier s’est dit convaincu du potentiel de la Suisse dans cette branche qui cherche à combiner la finance et l’innovation technologique dans un écosystème. «La révolution industrielle 4.0, comme les précédentes, va créer de nouveaux emplois et de la richesse», a-t-il lancé.

Un financement difficile en Suisse

Les pousses suisses peinent à obtenir le financement auprès des banques. «La barrière est trop élevée», a déclaré Adriano Lucatelli, fondateur de Descartes Finances, laquelle a fait ses premiers pas à Londres. Le financement de start-up est un marché mondial de 15 milliards de dollars, dont 2,8 milliards de Londres et seulement 58 millions de Suisse, a confirmé le Conseiller fédéral.

Lors d’une visite de Knip, une start-up de l’assurance, le président de la Confédération a affirmé son soutien. «L’Etat doit permettre à l’initiative privée de se développer grâce à des conditions-cadres favorables, y compris fiscales», a-t-il déclaré.

Johann Schneider-Ammann a reçu une longue liste de souhaits de la part des membres de la SFS. Thomas Brändler, directeur de Run my Accounts, a demandé que «l’État ne soit pas un frein dans le recrutement de talents venant non seulement de Suisse et de l’UE, mais aussi du reste du monde. Il est beaucoup plus facile de les acquérir à Londres ou Berlin», a-t-il indiqué.

Le conseiller national Beat Walti a demandé que la Finma modifie son mandat: «Elle ne doit pas se contenter de contrôler les risques, mais doit aussi faciliter les initiatives», a-t-il déclaré. L’État, par contre, «ne devrait pas devenir un investisseur. La politique industrielle ne marche pas en Suisse», a-t-il lancé.

La réglementation étouffe les jeunes pousses, selon les participants à une table ronde. «La réglementation bancaire date de 1935, à l’époque de la machine à écrire et non d’Internet», a indiqué Jan Schoch, directeur de Leonteq. Le cofondateur de la société financière a plaidé en faveur d’une réglementation plus flexible.

Hans Oury, expert auprès de la Commission pour la Technologie et l’Innovation (CTI), a, pour sa part, demandé que son organisation devienne une corporation de droit publique vraiment autonome. Il aimerait que les compétences du conseil d’administration et du conseil d’innovation soient plus étendues.

Le message Johann Schneider-Ammann a exprimé son désir d’analyser la «faisabilité des différentes propositions». Il a également indiqué que les caisses de pension devaient pouvoir, si elles le voulaient, investir dans les start-up.


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