La découverte avait créé l’émoi en décembre. Le président de Credit Suisse, celui supposé remettre la banque en ordre après une série sans précédent de scandales, en provoquait un lui-même. Il est en effet apparu qu’il n’avait pas respecté une quarantaine au retour de Grande-Bretagne en novembre dernier, alors que le variant Omicron commençait à inquiéter le monde entier. Antonio Horta-Osorio avait d’abord tenté de plusieurs manières de se faire exempter, puis avait quitté la Suisse pour l’Espagne, révélait le Blick.

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Il s’était ensuite excusé d’avoir violé les règles de façon «involontaire». Or, ce n’était pas une première, affirmait ensuite Reuters à la fin du mois dernier. L’agence de nouvelles citait une enquête interne lancée à la suite de la découverte du premier pot aux roses qui a mis le doigt sur une autre quarantaine courbée. En juillet dernier, alors que l’ex-patron de la banque Lloyds se rendait à Wimbledon, à Londres, il ne s’était pas isolé comme il aurait dû selon les règles en vigueur.

Un savon

Désormais, le conseil d’administration ne peut plus éviter de prendre position, croit savoir le Tages-Anzeiger, qui citait des sources «informées» dans son édition de samedi. Le banquier britanico-portugais, entré en fonction fin avril dernier, ne doit pas craindre une éjection, mais il devrait se faire passer un savon, selon les mots du quotidien zurichois. Contactée, la banque n’a pas commenté.

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Credit Suisse devrait formuler un reproche publiquement à l’encontre de son président dans les prochaines semaines face à des actions qui semblent avoir provoqué un certain malaise dans les rangs des employés de la banque. Tout comme la controverse sur l’utilisation du jet privé de Credit Suisse par son président, alors qu’il a lui-même annoncé une plus grande austérité pour les employés, en particulier dans la distribution de bonus.

Reste à savoir à qui profitera cette affaire, notamment dans le jeu de pouvoir entre le directeur général, Thomas Gottstein, et le président, Antonio Horta-Osorio. Pour certains, c’est au premier que la controverse donne davantage de poids. Pour d’autres, le fait que le conseil ne donne finalement qu’un avertissement à son président pourrait aussi le renforcer.