Pierre Mirabaud, irrité par les vives réactions suscitées par la pique lancée lundi, précise ses propos: «Les Anglais ne respectent pas les mêmes critères que la Suisse en matière d'identification des clients. Cela a été confirmé par le rapport de Transparency International, où des organes anglais s'en rendent eux-mêmes compte.»Le président de l'Association suisse des banquiers rappelle que la Suisse est plus rigoureuse que l'Angleterre en termes de contrôles anti-blanchiment, y compris dans le domaine des trusts, «puisqu'elle applique là aussi les critères «Know your customer» dans l'identification de l'ayant droit économique». En Suisse, le dispositif anti-blanchiment requiert des banques qu'elles examinent l'arrière-plan économique du client lors de l'ouverture d'un compte de société de domicile.

Reste que Londres serait désormais moins bien réglementée que des juridictions comme Jersey ou Guernsey, en raison d'une supervision laxiste des sociétés-écran. Appelées en anglais «shell companies», ces sociétés «boîte aux lettres» ont pour seul but de détenir et de gérer les valeurs patrimoniales d'un ayant droit économique. Une diligence lacunaire permet de dissimuler l'identité du propriétaire ultime des actifs contrôlés par la société. Comme les trusts anglais, qui peuvent être utilisés abusivement pour effacer les liens entre une activité criminelle et les bénéficiaires, ces véhicules peuvent faciliter la fraude fiscale et le blanchiment d'argent.