La responsabilité des membres du conseil d'administration et l'opacité des comptes de SAirGroup sont les deux fers de lance de l'avocat Hans-Jacob Heitz, de Winterthour. Cet ancien radical, passé président du Parti libéral zurichois, vient de créer officiellement, lundi, «l'association de protection des actionnaires de SAirGroup». Une centaine de personnes, dont 20 Romands et plusieurs actionnaires de l'étranger, seraient intéressés à entrer dans cette association. «Les actionnaires sont prioritaires, mais il n'est pas obligatoire de détenir des actions pour en faire partie», explique HansJacob Heitz.

Une dizaine de questions à poser à l'assemblée

Quelques jours après l'annonce de la démission en bloc du conseil d'administration, Hans-Jacob Heitz mettait sur papier une dizaine de questions qu'il posera à l'assemblée générale du groupe le 25 avril. «Je viens d'en ajouter une supplémentaire, précise-t-il. Elle concerne les indemnités de départ accordées à Eric Honegger, ex-président du conseil d'administration» (la presse dominicale avance le montant de 5 millions de francs suisses, ndlr). Il doute aussi que les compagnies – AOM, Air Liberté, Air Littoral, Sabena, LTU, etc. – soient les uniques responsables des pertes de SAirGroup. «Nous soupçonnons que les chiffres ne sont pas corrects», souligne-t-il. L'an dernier, la publication des comptes de SAirGroup avait déjà soulevé un tollé général des partis politiques, tout comme de la part des gestionnaires des caisses de pension, des autorités de surveillance cantonales et de l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS).

Depuis, les directives ont été clarifiées par les instances officielles afin que les normes helvétiques en matière de retraite (2e pilier) ne soient pas «violées» par les règles comptables internationales (IAS). «Mettre un milliard de francs de la caisse de pension dans les comptes de SAirGroup a servi, déjà à l'époque, à cacher les comptes», estime Hans-Jacob Heitz. Ce dernier veut en avoir le cœur net. Il va donc demander à l'assemblée générale une expertise spéciale des bilans sur les cinq dernières années du groupe. Ce sera alors au juge du Tribunal cantonal de Zurich de nommer une instance indépendante qui se chargera d'éplucher les comptes. «Même si l'assemblée refuse ma proposition, déclare l'avocat, j'ai besoin d'un certain nombre de détenteurs d'actions (29 000, soit 10% du capital) pour tout de même faire appel au juge», affirme Hans-Jacob Heitz. Il ajoute qu'il a déjà au total 15 000 actions, détenues par des actionnaires, et que d'ici au 25 avril, il arrivera à accueillir suffisamment d'adhérents dans son association.