Trois fois plus élevées en moyenne qu’aux Etats-Unis, les rémunérations des présidents des conseils d’administration des plus grandes sociétés cotées suisses arrivent en tête d’une comparaison des 300 plus grands groupes mondiaux (en termes de capitalisation boursière).

Les surprises ne manquent pas dans la comparaison réalisée par HCM. Avec un gain annuel de 1,227 million d’euros en moyenne, les gains des leaders suisses devancent les présidents italiens (1,139 million) et, loin derrière, anglais (678 000 euros). Loin derrière, les présidents américains ne gagnent «que» 448 000 euros et se placent juste en dessous de la moyenne (462 000 euros).

Les moins bien payés? Les présidents français

Les moins bien lotis sont les présidents français puisque leur revenu annuel ne dépasse pas 74 000 euros, et les Néerlandais (147 000 euros). Le revenu des présidents suisses correspond donc à 16 fois celui des leaders français.

Les présidents suisses ont aussi l’avantage d’avoir accru leur rémunération de 9% en 2015 alors que la hausse moyenne s’est limitée à 7%. De plus, ils sont davantage rémunérés en actions (36% contre 64% en liquide) que la moyenne. Seuls les Etats-Unis offrent une plus grande proportion d’actions (58%). Dans les autres pays, entre 90 et 100% sont versés en cash.

Il faut prendre garde d’analyser la liste des entreprises analysées. Il s’agit des 300 plus grandes au monde. L’échantillon européen porte sur les membres de l’indice STOXX 200. On y trouve 10 groupes suisses. Les groupes financiers suisses sont largement représentés avec UBS, Swiss Re, Julius Baer. «La branche économique joue certainement un rôle dans le fait que la Suisse présente les rémunérations du président du conseil d’administration les plus élevées», déclare Stephan Hostettler, associé de HCM.

Un cachier des charges plus étendu en Suisse

Le consultant précise que «les règles de gouvernance sont différentes en fonction des pays. En Suisse, elles sont telles que le président accomplit non seulement des tâches de surveillance, mais aussi de définition de la stratégie et de communication externe».

Stephan Hostettler rappelle qu’à l’inverse d’autres pays, le président d’un groupe suisse assume aussi des fonctions importantes dans la communication aux investisseurs, aux autorités de réglementation et aux sociétés donnant des recommandations de vote aux assemblées générales. Son temps de travail, donc sa rémunération, est donc supérieur à celui d’un président d’un conseil de surveillance tel qu’il en existe en Allemagne.

De l’avis de Stephan Hostettler, la hausse de 9% intervenue en Suisse en 2015 ne doit pas être surestimée. Elle est le fruit de certains mouvements exceptionnels. «La tendance est similaire au reste des grands groupes», indique-t-il. L’associé de HCM rappelle que la rémunération est soumise à l’approbation des actionnaires et que 92% des rapports de rémunération ont été approuvés.

Aux côtés des questions de pays et de taille, la branche est un critère clé dans la détermination du revenu. Les mieux payés se trouvent dans les matériaux de base (957 000 en moyenne), puis les services à la consommation et les biens de consommation. La finance ne se place qu’en cinquième position (469 000).


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