Ascom poursuit ses désinvestissements. Le groupe bernois de télécommunication a annoncé mardi la vente de ses activités de centraux téléphoniques privés PBX (appellation anglaise pour Private Branch Exchange) pour la somme de 35 millions de francs à la société canadienne Aastra Technologies. A noter que PBX, qui avait enregistré une perte de 27 millions l'an passé, s'avérait profitable après les cinq premiers mois de l'exercice en cours, selon la direction d'Ascom. Sans ce retournement, cette vente n'aurait pu être négociée.

Cette réalisation d'actifs donne un peu d'air à un groupe auquel les banques créancières avaient accordé en octobre une nouvelle chance. Ascom avait conclu à l'époque avec ses banquiers un contrat de prolongation de ses crédits. Cet accord impliquait en parallèle l'obligation pour le groupe de trouver rapidement de l'argent frais. La rumeur avait couru sur la vente de deux divisions avant le printemps afin de répondre aux exigences des banques. A la fin de l'année passée, alors que seuls des biens immobiliers avaient été monnayés, l'endettement net du groupe se montait à 264 millions, de quoi rendre ses créanciers impatients. Même si la prolongation des crédits reportait l'échéance au 31 mai 2004. Le départ surprise en décembre d'Urs Fischer, à la direction générale depuis le printemps 2001, n'avait rassuré en rien les partenaires financiers et les actionnaires du groupe bernois.

La vente de PBX, réalisée qui plus est «sans perte comptable» selon Ascom, tombe à point nommé. Tout comme la finalisation, annoncée ce même jour, de la cession d'Energy Systems, unité active dans l'approvisionnement en énergie, dont l'annonce de la vente au thaïlandais Delta Electronics remonte à la fin du mois d'avril. Cette seconde vente rapporte environ 150 millions à Ascom. Ce montant comprend la reprise par l'acheteur d'environ 30 millions de dettes à long terme. En terme d'emplois, la revente de PBX touche près de 500 personnes, dont 215 travaillent en Suisse. Juhani Anttila, président du conseil d'administration et patron du groupe bernois, a expliqué au cours d'une conférence téléphonique que ces places de travail devraient être toutes maintenues par le repreneur Aastra. De son côté, la vente d'Energy Systems concerne 1200 employés.

Retour en grâce de l'action

Revenant sur les nouvelles du jour, l'homme fort d'Ascom a estimé que son groupe avait franchi une étape importante pour son développement et sa réorientation stratégique. Même si un retour aux bénéfices n'est pas envisagé cette année, après la perte nette de 281 millions affichée en 2002.

Suite à ces deux désinvestissements, le groupe concentre désormais ses activités dans quatre domaines distincts, à savoir la communication vocale et la transmission de données (Network Integration), la sécurisation externe des systèmes informatiques (Security Solutions), les parcmètres et les péages (Transport Revenue) et enfin la communication sans fil (Wireless Solutions). Il compte aujourd'hui environ 5000 employés, contre 7300 à la fin de l'année passée, et plus de 10 000 à fin 2001.

En plus du désinvestissement engagé, que les ventes de ce jour concrétisent, la réalisation de bénéfices substantiels doit permettre au groupe de se redresser. A ce sujet, la direction note une évolution positive de ses unités d'affaires à l'exception de Network Integration, en retrait par rapport aux objectifs fixés. Ces nouvelles semblent mettre provisoirement un coup d'arrêt à la descente aux enfers vécue par le groupe bernois, qui avait encore annoncé en janvier la suppression de 500 postes de travail. Les investisseurs ne s'y sont pas trompés en revenant en nombre sur le titre Ascom, qui a gagné plus de 13% à la Bourse suisse, clôturant la séance à 4,70 francs.