Quarante-cinq minutes, tout juste. C’est le temps qu’il aura fallu, lundi soir, à Steve Ballmer pour présenter à Los Angeles la future version d’Office. Le directeur de Microsoft a évoqué les nouveautés de la suite logicielle, introduite en 2013. Surnommé la «vache à lait» du groupe, Office doit compenser les soucis de Microsoft sur le marché publicitaire.

Contributeur numéro un à la rentabilité de l’entreprise, devant Windows (voir tableau ci-dessous) – 26% du chiffre d’affaires, 42% du bénéfice d’exploitation –, Office équipe un milliard d’ordinateurs, révélait la semaine dernière Microsoft. Lancée il y a un an, la version en ligne Office 365 – en partie gratuite – compte 200 000 utilisateurs. Mais face à ces deux versions, Google et ses services en ligne progressent: en mai, la société de recherche Gartner affirmait que la firme de Larry Page gagnait désormais entre un tiers et la moitié des entreprises qui se convertissaient aux suites bureautiques en ligne. Office contrôle 93% du marché des logiciels classiques.

Le nouvel Office, qui sera lancé peu après Windows 8 – prévu pour octobre 2012 – doit permettre à Microsoft d’oublier ses soucis en publicité. Le 4 juillet, la firme de Steve Ballmer décidait de déprécier la régie publicitaire en ligne aQuantive – acquise en 2007 pour 6,3 milliards de dollars – d’un montant équivalent. En difficulté sur ce marché dominé par Google, Microsoft ne parvient pas non plus à progresser sur la recherche en ligne: son moteur Bing détient 13% du marché, Google 74%. Microsoft tente de nouvelles stratégies: lundi, il annonçait la vente de ses parts dans le portail d’information MSNBC.com, créé en 1996, pour lancer son propre site d’ici à la fin de l’année.

Suisse: aucun licenciement

La semaine passée, Microsoft confirmait au Wall Street Journal des licenciements dans sa division marketing, sans les chiffrer. De plus, en France, 30 postes ont été supprimés dans la division Internet et publicité. Et en Suisse, où l’entreprise compte 550 employés? «Il n’y a aucun plan spécial, assure une porte-parole. Comme chaque année en mai-juin, si une fonction n’est plus utile pour l’entreprise, nous cherchons un nouveau travail à l’employé. Cela concerne très peu de personnes, et sans licenciement.»