Les marchés avaient été prévenus, mais ils n'en ressortent pas beaucoup plus rassurés. Si les chiffres au premier trimestre publiés mardi par UBS ont été en grande partie conformes aux estimations présentées début avril, l'afflux net d'argent frais a déçu aussi bien dans la gestion de fortune que dans la gestion d'actifs. Résultat des courses, l'action UBS a cédé 4,5% à 35,22 francs mardi.

Côté résultats, la perte nette de 11,5 milliards de francs essuyée par le groupe entre janvier et mars est légèrement inférieure aux 12 milliards annoncés le 1er avril dernier, date à laquelle Marcel Ospel a annoncé son départ. Comme en fin d'année dernière, la banque d'investissement, dont la perte avant impôts atteint 18,23 milliards, est à l'origine de l'essentiel des déboires du numéro un bancaire helvétique.

Le résultat avant impôts recule dans les trois unités

Principal pilier d'affaires d'UBS, l'unité qui regroupe les activités internationales de gestion de fortune et les prêts aux entreprises en Suisse («Global Wealth Management & Business Banking») affiche un bénéfice avant impôts de 2,15 milliards (-13% par rapport au quatrième trimestre 2007). La division de gestion d'actifs («Global Asset Management») reste aussi en territoire positif, mais voit son bénéfice avant impôts fondre à 330 millions (-32% par rapport au dernier trimestre 2007).

Ces mauvais résultats opérationnels contraignent UBS à réduire ses effectifs. D'ici à juin 2009, le groupe prévoit de ramener le nombre total de ses collaborateurs à 78000, soit 5500 postes de moins qu'actuellement.

1500 postes biffés en Suisse

L'essentiel de ces coupes s'effectuera dans l'unité de banque d'investissement dont les effectifs seront ramenés à 19000 collaborateurs à fin 2008; cela implique la suppression de près de 2600 postes, «pour l'essentiel par le biais de licenciements», précise UBS. Ces réductions d'emplois, qui s'effectueront principalement aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, s'ajoutent aux 1500 postes biffés dans cette unité en 2007. Quant aux 2900 autres postes supprimés par UBS, ces réductions d'effectifs seront, elles, réalisées principalement par le jeu des fluctuations naturelles. Marcel Rohner, directeur général d'UBS, précise que 2500 à 3000 employés quittent chaque année l'établissement. En Suisse, quelque 1500 postes devraient passer à la trappe d'ici juin à 2009, a-t-il ajouté lors d'une conférence téléphonique. Cela suffira-t-il? Peter Thorne, analyste chez Helvea, relève que plusieurs autres établissements ont réduit leur personnel d'environ 10% depuis l'éclatement de la crise des «subprime». Chez UBS, cette proportion se limite à 7% des effectifs de la banque. Michel Juvet, analyste chez Bordier, établit un lien entre les retraits de fonds en Suisse et les réductions d'effectifs. «La décision du citoyen suisse de pénaliser UBS devrait se traduire par des coupes d'emplois en Suisse», commente l'analyste.

Pour la suite, la direction d'UBS se montre très prudente. Les conditions difficiles de début d'année «devraient persister», avertit la banque en guise de perspectives.