Machines-Outils

Sous pression, Willemin-Macodel lance un nouveau centre d’usinage

La pression s’accentue sur le fabricant jurassien, qui doit améliorer ses marges. Face au renchérissement de la monnaie, il ne veut pas réduire ses investissements. Ainsi, il commercialisera un nouveau centre d’usinage à la foire horlogère de Bâle

Sous pression, Willemin-Macodel

lance un nouveau centre d’usinage

Machines-outils Le fabricant jurassien doit améliorer ses marges suite à la fin du taux plancher

Pour séduire les horlogers, il commercialisera un nouveau centre d’usinage à Bâle

«C’est clair que nous ne serons pas en croissance cette année, mais pour l’heure, nous maintenons tous nos investissements dans les produits, marchés et les mesures d’améliorations structurelles.» Olivier Haegeli est déterminé. Il a repris l’entreprise familiale Willemin-Macodel, avec son frère Patrick, il y a quelques années. Aujourd’hui, ce financier apprend à vivre avec «un franc super-fort». Basé dans la zone industrielle de Delémont, le fabricant de machines-outils haut de gamme fait face au renchérissement brutal de la monnaie helvétique. «Il était déjà difficile de combattre en Europe face aux concurrents japonais et allemands, alors imaginez combien la pression s’est encore accentuée», souligne-t-il.

Concrètement, la bagarre se situe au niveau des prix. La spécificité des solutions d’usinage apportées aux clients permet de les défendre. Mais cela ne fait pas tout. Chaque société doit trouver ses recettes. Ainsi, les dirigeants de la PME delémontaine veulent flexibiliser le travail, voire augmenter – ne serait-ce que provisoirement – le temps passé à l’usine, actuellement de 40 heures par semaine. Car les commandes sont là.

Comme ces dernières années, l’entreprise compte bien livrer entre 130 et 150 machines cet exercice et réaliser un chiffre d’affaires de plus de 80 millions de francs [montant non confirmé par la société]. «Si la Chine constitue notre premier marché d’exportation, la Russie, notamment pour l’aéronautique, enregistre de beaux succès. Nous avons également des bons retours du marché américain en ce début d’année», détaille le directeur.

Pour faire face, sa recette passe principalement par l’innovation et le travail sur les marges. Et dans le domaine des machines-outils, la création se matérialise par un nom de machine un peu abscons pour le néophyte. Voici le centre d’usinage 3 axes 701S, qui sera présenté au Salon mondial de l’horlogerie Baselworld, dès le 19 mars. «C’est un investissement de plusieurs années et avec de nombreux zéros», indique Olivier Haegeli, en nous présentant la machine, dont l’emprise au sol dépasse à peine le mètre carré. «Son architecture parallèle lui confère une dynamique très élevée pour l’usinage de pièces dans les tolérances du micron. Nous avons également réalisé le développement du soft [la commande pour piloter la machine] à l’interne afin d’accélérer la prise en mains.»

Sa consommation a également été réduite à l’utilisation d’un sèche-cheveux. Les performances de la machine permettent d’obtenir des qualités de surface très élevées, d’où l’intérêt pour l’horlogerie. «Ce secteur est déjà très bien équipé, note le directeur, donc il faut lui amener des solutions qui accroissent vraiment sa productivité pour être entendu.» Pour montrer une partie de son potentiel, la 701S réalise une opération de perlage sur un cadran. Le comble? Pour réaliser une illusion parfaite, elle devrait être un peu moins précise, à l’image de ce que ferait la main d’un homme.

Forte de 220 collaborateurs dans la capitale jurassienne, dont une dizaine d’apprentis, et d’une soixantaine à l’étranger, cette PME familiale est toujours indépendante. Pour rester dans la course, elle veut encore améliorer ses marges. «Nous avons toujours fait de l’assemblage et c’est vrai qu’en termes d’approvisionnement, nous avons accru nos achats dans la zone euro», indique Olivier Haegeli. Un travail de réorganisation des flux dans l’usine est également en cours afin de gagner de précieux mètres carrés. Car il est clair que, pour l’heure, le projet d’extension est gelé.

«Si la Chine constitue notre premier marché d’exportation, la Russie enregistre de beaux succès»

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