Investissement

Prêter sans payer, c'est encore possible

Dans un marché obligataire submergé par les taux négatifs, des solutions existent pour quand même générer du rendement. Mais la sélection devient particulièrement complexe

Au début, c’était cocasse. En 2015, le rendement de quelques obligations d’Etat, y compris celles émises par la Confédération, commençait à être négatif. Il fallait «payer pour prêter» à un gouvernement reconnu pour être un débiteur sans risque. Un non-sens financier, mais un phénomène intellectuellement intéressant à traverser.

Désormais, plus personne ne rit. En 2019, les nouveaux assouplissements monétaires aux Etats-Unis, en Europe ou en Suisse ont contribué à généraliser le phénomène. En cet automne 2019, l’équivalent de 15 000 milliards de dollars d’obligations affichent des rendements négatifs. Soit presque 25% du marché mondial. En Suisse, cette proportion atteint même 80% des obligations.