Prévenir l'invalidité

Si le progrès technique et l'automatisation ont facilité le travail au

Si le progrès technique et l'automatisation ont facilité le travail au quotidien, ils se sont aussi accompagnés de pressions psychologiques et sociales plus marquées sur les collaborateurs, donc d'une augmentation des maladies psychiques. Depuis 1990, celles-ci sont la seconde cause d'incapacité de gain durable après les troubles de l'appareil locomoteur. Or le problème ne concerne pas que les collaborateurs et leurs entreprises, mais aussi les assureurs. Dans le cas d'assurés encore jeunes percevant un salaire élevé, il n'est pas rare que les provisions pour une rente d'invalidité du 2e pilier dépassent le million de francs. Les relèvements de primes qui en résultent peuvent peser lourd sur les finances des entreprises et de leurs assurés. C'est pourquoi la Winterthur a choisi de s'attaquer résolument au problème en faisant appel à des prestataires externes.

Les études montrent qu'une invalidité d'origine psychique surgit rarement du jour au lendemain. La plupart du temps, les signes annonciateurs prennent la forme d'absences courtes mais répétées. C'est ici que la gestion des absences prend tout son sens: un relevé et une analyse conséquents sont les bases nécessaires à l'organisation d'entretiens systématiques. A partir de là, l'employeur sera à même d'identifier la raison des absences du collaborateur et donc de lui proposer des conditions de travail plus en adéquation avec son bien-être personnel. Le jeu en vaut vraiment la chandelle. Car, alors même qu'un collaborateur absent pour raisons de santé n'apporte aucune valeur ajoutée, l'entreprise doit continuer de lui verser 100% de son salaire jusqu'à ce que l'assurance d'une indemnité journalière en cas de maladie prenne le relais. Autre mode de promotion de la santé en entreprise, le «cercle de santé» a pour objectif d'amener les personnes concernées à s'impliquer activement dans le processus. Le principe est le suivant: un groupe de travail recense l'ensemble des problèmes physiques et des contraintes psychiques observés sur le lieu de travail et élabore sur cette base des propositions concrètes. Consciente que la promotion de la santé en entreprise peut permettre de réduire de moitié les cas d'invalidité, la Winterthur, en collaboration avec l'Institut de médecine du travail (IfA), propose à ses entreprises affiliées des séminaires d'un jour sur ce thème.

Au-delà de ces mesures préventives, la Winterthur procède pour une partie des nouveaux cas à une gestion active des prestations. Il s'agit alors de déterminer si une personne en incapacité de travail peut être réintégrée par l'intermédiaire d'un «gestionnaire des cas» chargé de faire le lien entre les différents protagonistes. Le gestionnaire s'occupe de l'assuré et soutient sa réintégration médicale, sociale et professionnelle. En règle générale, les assureurs de la prévoyance professionnelle n'apprennent toutefois l'incapacité de gain de leurs assurés qu'au bout de trois mois ou plus. Un temps précieux qui pourrait être exploité de manière beaucoup plus efficace; une fois les trois premiers mois passés, les chances d'une réintégration réussie s'amenuisent en effet considérablement. Après six mois, elles sont encore de 60%, pour tomber à 5% seulement au bout d'un an. D'où l'importance d'une détection précoce au niveau de l'entreprise. La réussite de la gestion d'un cas dépend par ailleurs de la volonté de l'assuré et du temps requis pour coordonner l'action des intervenants.

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