Pour les futurs apprentis, la saison des embauches bat son plein. Du moins, elle devrait. En réalité, le nombre de places de formation tend à diminuer en Suisse. Au niveau national, le nombre de contrats signés à fin mai a reculé de 4% comparé à la même période de l’an dernier, selon les chiffres officiels publiés début juin. Dans les cantons les plus touchés par la crise sanitaire, tels Vaud, Genève ou le Tessin, la baisse atteint même 25% par rapport au mois de mai 2019.

Ce repli inquiète d’autant plus que le chômage des jeunes a fortement augmenté à l’issue de ce premier semestre marqué par la crise sanitaire: le mois dernier, les 15-24 ans ont subi la hausse la plus brutale du nombre d’inscrits, de 76,7% par rapport à mai 2019, pour un taux qui atteint désormais 3,3%.

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Dans ce contexte, le Conseil fédéral a mis sur pied mi-mai un groupe de travail spécial, dédié à la promotion de l’apprentissage. Cette task force, baptisée «Perspectives apprentissage 2020», qui réunit Confédération, cantons et organisations professionnelles, vise à soutenir des projets existants, notamment dans l’accompagnement des jeunes dans leurs recherches. Certains cantons ont en sus dégainé des mesures de soutien financier aux employeurs qui recruteront des apprentis.

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Salaires subventionnés et primes à l’embauche

Côté romand, où les autorités jugent la situation plus préoccupante, Vaud a par exemple débloqué 16 millions de francs afin de subventionner pendant six mois les salaires des apprentis qui commencent leur cursus en août. Le canton prendra en outre en charge l’équivalent de la moitié du salaire annuel de tous les apprentis de 2e et 3e années qui auront subi un licenciement économique, pour leur permettre de retrouver plus facilement une nouvelle place. Genève subventionnera les trois premiers mois de salaire de tout nouvel apprenti, pour les employeurs en difficulté qui en feront la demande, et versera une prime unique de 3000 francs à toute nouvelle entreprise formatrice. Prime unique également à Neuchâtel, de 2000 francs, et dans le canton du Jura – entre 1000 francs (contrat de préapprentissage) et 3000 francs (pour un contrat d’apprentissage d’une durée de trois ou quatre ans).

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Berne doit encore se prononcer sur un tel soutien financier, tandis que le Valais en a validé le principe, selon des modalités qui seront définies dans les jours à venir. De son côté, Fribourg a notamment augmenté sa participation aux frais de cours interentreprises, de sorte à réduire la part des entreprises formatrices de 75% à 45%.

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Secteur très demandeur d’apprentis, pour des métiers techniques en proie à un manque régulier de main-d’œuvre, l’industrie des machines doute cependant de l’efficacité de ces mesures. «Ces subventions cantonales peuvent être une aide ponctuelle, observe un porte-parole de la faîtière Swissmem. Mais nous vivons une crise de la demande. Des mesures pour la stimuler seraient plus pertinentes.»