La crise du crédit ne remet pas en cause le modèle du private equity, estime David Rubenstein, cofondateur et codirecteur du Carlyle Group, un des géants du domaine. Il est vrai que les sociétés spécialisées dans les rachats d'entreprises financés par l'endettement ont actuellement des difficultés à réunir les crédits pour de nouvelles opérations, a-t-il admis lors d'une présentation sur la gestion alternative organisée jeudi à Genève par l'Union Bancaire Privée. «Mais les rendements sont encore les meilleurs de ce que vous pouvez obtenir de manière légale.» Et, à mesure que les banques parviendront à se défaire de crédits illiquides hérités de la bulle qui s'est développée entre 2002 et 2007, elles parviendront à libérer de l'argent qui permettra d'accorder des prêts à des fonds de private equity.

Cependant, les conditions seront plus réalistes, a ajouté le cofondateur de Carlyle. Plus question de ne plus engager de fonds propres, de pouvoir payer les intérêts à la fin du prêt ou d'être libéré des clauses qui peuvent entraîner un remboursement anticipé. En outre, les méga-opérations de plusieurs dizaines de milliards de dollars ne devraient pas réapparaître avant plusieurs années. Les rachats financés seront plus modestes, d'un montant maximal de quelques milliards de dollars ou d'euros.

Progrès environnementaux et sociaux nécessaires

Née dans les années 1970, cette industrie s'est structurée pour séduire les institutionnels. A l'avenir, elle se consolidera, via le rachat par les grands groupes de gérants spécialisés, par exemple sur la Russie.

Le domaine n'échappe toutefois pas aux reproches. Certains estiment qu'un investissement à long terme dans un indice combiné à un levier financier produit un rendement similaire. L'Américain leur a répondu que le private equity a l'avantage d'obliger à la discipline: l'argent est bloqué et l'investisseur ne peut pas liquider sa position à un mauvais moment.

Il reste que l'industrie doit répondre aux critiques, concernant ses effets jugés néfastes sur l'emploi ou l'environnement, a ajouté David Rubenstein. Si elle veut éviter de se voir entraver par la réglementation, elle devra faire très attention à ces questions. Cela pourra coûter un peu de performance, un ou deux pour cent par an. Mais celle-ci, aux alentours de 20% par an, n'en restera pas moins très attrayante.