Matières premières

Le prix du cuivre s’envole sur fond de reprise économique

La forte demande de métaux industriels, les risques de pénurie et de rupture de la production poussent les prix à la hausse. Celui du métal rouge est à son plus haut historique

En cette même période l’an dernier, les prix des métaux industriels avaient flambé; Donald Trump, qui venait de remporter la présidentielle américaine, avait réitéré sa promesse de campagne d’investir 1000 milliards de dollars dans les infrastructures. Un projet n’a pas encore démarré. Soit. 

Cette année, c’est une nouvelle envolée. Cette fois-ci, elle est liée à un tout autre facteur: les bonnes perspectives conjoncturelles mondiales en 2018, ce qui présage une forte demande en toutes sortes de matières premières. Cette semaine, le ton a été donné mercredi à la suite de la publication des chiffres d’importation de cuivre pour novembre par la Chine, premier consommateur mondial: 329 168 tonnes, soit une augmentation de 19% par rapport au mois précédent.

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Le cours du cuivre a dépassé la barre de 7240 dollars la tonne jeudi à la bourse des métaux à Londres, en hausse de 39% depuis le début de l’année. Il a aussi atteint son plus haut historique depuis 2014. Il y a certes la conjoncture qui donne le coup de fouet. Mais le marché anticipe aussi une pénurie. Plusieurs mines en Afrique, en Australie, en Amérique du Sud et en Asie arrivent, ces prochaines années, en fin de vie.

Revendications des pays producteurs et des mineurs

Selon une analyse publiée dans le Financial Times de jeudi, une pénurie pourrait en effet intervenir dès la mi-2019. Le quotidien londonien a aussi repris les rumeurs selon lesquelles les autorités chinoises auraient interdit les opérations dans les mines de Jiangxi Copper, la plus grande exploitation du pays, pour des raisons environnementales. De quoi faire grimper les prix, mais l’entreprise a rapidement démenti, même si les autorités chinoises se disent décidées d’enrayer la pollution industrielle.

Les analystes attirent aussi l’attention sur le fait que l’envolée des prix risque d’aiguiser l’appétit de gains de la part des pays exportateurs, notamment le Chili et le Pérou. Ces Etats, mais aussi les travailleurs, seraient tentés de demander une plus grande part des bénéfices aux entreprises minières. Au Chili, les mineurs, qui ont paralysé des sites à plusieurs reprises cette année, revendiquent toujours des hausses salariales et de meilleures conditions de travail. Au début de l’année par exemple, la mine d’Escondida, au nord du Chili et propriété de l’anglo-australien BHP Billiton, qui produit environ 927 000 tonnes de métal rouge par an, soit 5% de la production mondiale, avait été fermée pendant plusieurs semaines.

Glencore, Rio Tinto en hausse

Des entreprises minières comme Glencore et Rio Tinto ont certes investi dans de nouvelles mines, mais la mise en route prendra du temps. Dans le contexte actuel, les actions de ces entreprises évoluent à la hausse. Celles de Glencore et d’Anglo American ont gagné plus de 2% cette semaine.

Les autres métaux industriels – aluminium, zinc, nickel, mais aussi palladium et lithium – suivent le même parcours haussier. Comme pour le cuivre, leur demande devrait augmenter fortement sur fond de reprise économique, mais aussi parce qu’ils sont incontournables dans la production de divers produits technologiques comme les téléphones, les moteurs d’automobiles électriques et les systèmes de production et de distribution de l’énergie solaire.

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A titre d’exemple, alors qu’un véhicule à essence ou diesel contient environ 23 kilos de cuivre, une voiture électrique en a besoin de 40 à 60 kilos. Des analystes ont calculé qu’en 2030 la demande de cuivre liée aux véhicules électriques représentera entre 745 000 et 2,47 millions de tonnes. Pour comparaison, la production était de 23,5 millions de tonnes en 2016.

L’indice S&P GSCI Metals, qui suit les cours d’un panier de métaux industriels, a augmenté de 24% en 2017.

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