Deux choses frappent à l'annonce de la fusion entre Quest et Givaudan: le montant élevé du prix d'achat (2,8 milliards de francs) et celui, élevé lui aussi, des synergies prévues (150 millions de francs). Gilles Andrier en donne les raisons au Temps.

«L'accord a été trouvé rapidement, mais forcément, une acquisition de cette taille implique une prime à payer. On ne devient pas numéro un gratuitement. Je constate cependant que le prix, calculé selon le principe du multiple du bénéfice, est inférieur à 10 fois les bénéfices après synergies. C'est tout à fait dans les normes des dernières acquisitions dans ce secteur.» De nombreux analystes financiers restent dubitatifs à l'annonce du montant de 150 millions de francs attendu des synergies. «Le prix d'achat intègre effectivement des synergies importantes, note Gilles Andrier. Ce niveau élevé s'explique par les efforts de rationalisation possibles chez Quest. Le processus a déjà débuté. Je rappellerais, à ce propos, que la marge bénéficiaire de Quest est inférieure à la moyenne de la branche, ce qui indique la présence d'un important potentiel de croissance.»

Quelle impression cela fait-il de devenir numéro un? «Le but n'était pas, en soi, de simplement devenir numéro un. Cette position implique par contre la constitution d'une excellente taille critique. C'est le plus important. D'autre part, la taille de Quest, de moitié inférieure à celle de Givaudan, rend l'intégration de la nouvelle société parfaitement gérable. L'accord d'acquisition apporte aussi une parfaite complémentarité géographique.»