Au coeur des marchés

Prix d’excellence pour les marchés financiers

Les valorisations élevées des actions ne signifient pas forcément un risque de correction imminente des marchés

Alors que l’Académie Nobel récompense, en ce début du mois d’octobre, une poignée d’éminents scientifiques pour leurs découvertes, les marchés financiers volent de record en record. A croire que le «gène horloge» (identifié par le prix de médecine) des cellules du marché est en mode actif et ne reçoit que très peu de signaux de repos. Est-ce pour saluer le premier rang de la Suisse dans le classement de la compétitivité du WEF ou son récent Prix Nobel de Chimie? Ces distinctions nous enseignent pourtant qu’une collaboration optimale entre individu, entreprise, recherche et équipement apporte, pour reprendre Nobel, «le plus grand bénéfice à l’humanité».

Pourquoi s’étonner alors que les marchés financiers toisent les alertes de valorisations extrêmes dénoncées par de nombreux Cassandre? La santé des entreprises, le retour de leur profitabilité, leur volonté d’investir dans la productivité de leur processus de production et de gestion, voire dans l’innovation et la numérisation, ne sont-ils pas des raisons suffisantes?

Sélection déjà de rigueur

Le prix rémunère la qualité. C’est assurément un principe bien compris des entreprises suisses qui leur permet de se maintenir au premier rang de la compétitivité. Pour être plus précis, notons que le record de valorisation affiché par le marché n’est pas partagé par toutes les entreprises. La sélection est déjà de rigueur dans ces marchés boursiers. Aujourd’hui, le secteur de l’IT se distingue comme le premier témoin du retour de l’investissement. Demain, les sociétés et les secteurs qui auront consacré leurs dépenses en technologie et innovation comme levier de productivité pourront eux aussi faire valoir leur prix.

Quoi qu’il en soit, dans un environnement de croissance solidifiée par la profitabilité des entreprises, combinée à une inflation retenue, le retour à une norme moyenne de valorisation par une correction unilatérale du marché n’est ni systématique ni automatique.

Fin de la récréation

En effet, seules 30% des corrections majeures des bourses interviennent dans des épisodes de valorisation extrême. Et les catalyseurs objectifs de dégradation (envolée des taux d’intérêt, éruption de l’inflation et/ou détérioration significative de la profitabilité et de la solvabilité) ne sont actuellement pas présents.

Si les événements politiques n’y parviennent pas, qu’est-ce qui pourrait alors siffler la fin de la récréation? Les effets indirects des programmes de réduction des liquidités de la Réserve fédérale américaine, la fin de rachats d’actifs de la BCE et le contrôle de crédits de la Banque populaire de Chine devront être suivis de près, au-delà de la remontée modérée des taux qu’ils engendrent.

Pour l’heure, les prix d’excellence peuvent être décernés et le retour à des valorisations attractives des marchés n’est qu’un sujet d’analyse et non une certitude.

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